‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 2)Chapitre 160 sur 254 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Pour comble d'ineptie, Bonnet charge le député Jagot de transmettre cette dénonciation, et lui écrit : « Brave Montagnard, je ne crains pas de dire que l'on doit en partie à ton zèle et à ton amour pour la république la découverte de l'horrible conspiration qui vient d'être déjouée... »

Il affecte de considérer Robespierre et ses cosuppliciés comme des aristocrates déguisés en patriotes et de se donner lui, Bonnet, pour le plus pur des patriotes. Il écrit, le 18 thermidor, à Méaulle : « J'ai dénoncé de nouveau Gouly pour avoir voulu m'entraîner dans le parti du nouveau Catilina ; il faut que les traîtres soient démasqués et que leurs têtes tombent... » Et, le 21, il félicite Boissct de son arrivée dans TAin, en lui disant : « Ta présence va donner un nouveau nerf aux patriotes et assurer leur marche dans la carrière g révolutionnaire. »

Enfin, le 24, comprenant que Boisset n'est pas venu pour continuer la Terreur, il abandonne lâchement, effrontément ses complices, en faisant publier la proclamation suivante relative au projet de massacre :

L'Agent national près le district de Belley A SES Concitoyens.

La tranquillité publique est troublée; une liste de pros- Jription contre quarante-deux citoyens court, dit-on, la

commune de Belley, et alarme les familles d'une manière à faire craindre des désordres. Six patriotes, dit-on, en sont les auteurs.

Ils ne sont pas républicains ceux qui cherchent à diviser et à soulever le peuple ; ils sont au contraire les ennemis jurés de la grande famille. Il est de la plus haute importance de les découvrir et les faire connoître au représentant du peuple Boisset en mission dans le département.

J'invite donc tous les bons citoyens, amis du bon ordre et des loix et notamment les citoyens Arnaud, commissaire national, Carroz Michel, et Chabertle cadet, qui des premiers ont découvert cette insurrection, à déclarer à la municipalité de Belley les auteurs de cette scélératesse, que le représentant ne manquera pas de punir sévèrement : démasquer les traîtres, c'est bien mériter de la patrie. Union et Fraternité. Vive la République 1 Vive la Convention nationale !

Le soir du même jour, Bonnet envoie à Boisset copie de la proclamation qu'il a fait publier le matin au son de la caisse et y joint les déclarations de quatre citoyens : « Ce qu'il y a de certain, dit-il, c'est que depuis dix à douze jours ce projet se fermentoit sourdement. » Ces mots suffisent pour témoigner qu'une septembrisade était préparée sous Méaulle à Belley comme à Bourg.

Revenons à Bourg. Boisset avait frappé sans] hésitation les Terroristes que lui désignait le cri| public. Il fut plus réservé à Tégard de la délivranc

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