‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 2)Chapitre 162 sur 254 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Le même jour, le même district fait incarcérer comme suspect « le nommé Michel Romand, parce qu^il a vendu une paire de souliers au-delà du maximum, et le condamne en outre à la restitution du surplus et à une amende de vingt livres égale au double de la valeur de la marchandise vendue ^i). »

Dans une plainte que M. de Lateyssonnière a lue aux archives de la préfecture, on signale à Boisset les méfaits de la municipalité de Bourg, toute composée d'ouvriers. Leur partialité à regard des logements militaires est révoltante. Au mépris du règlement de police sur les marchés, ils arrêtent les femmes qui portent des provisions et se servent, eux et leurs amis, sans s'inquiéter du public. La plainte ajoute :

Ces ouvriers, avant qu'ils ne fussent officiers municipaux, vivoient au jour le jour de leur travail; à présent ils font figure ; ils fréquentent les cafés, et on ne les voit pas travailler de leur état. A., le maire, serrurier, se croit un personnage. L., tailleur, a de superbes meubles; on dit qu'il a un lit de damas de 2,000 livres. B. D., qui étoit comédien, a une boutique bien montée en belles marchandises. Avant qu'il fût officier municipal et maire, une femme suffisoit pour laver sa lessive; à présent il en faut six. D., le menuisier, est devenu riche : il ne travaille plus; il a un cheval. On ne dit pas que les autres soient riches.

(i) Registre du district de Nantua. .

car il y en a de braves parmi eux ; mais voici un fait qui peut se prouver : le commis du contrôle a dit qu'on ne comprenoit pas comment les officiers municipaux achetoient tant de biens, qu'on ne sçavoit où ils prenoient de l'argent...

Les détenus espèrent, et tous les bons citoyens, que tu , seras leur libe'rateur et que tu les délivreras de la tyrannie et du despotisme des sans-culottes...

Pardonne à mon mauvais style ; excuse un homme de 72 ans, qui n'a plus la vigueur d'esprit du jeune âge ni la " main sûre pour écrire. Je suis, avec le respect qui t'est dû, | ton concitoyen. Je n'ai garde de me signer ; car si les sans- j culottes me connoissoient et qu'ils sçussent ce que j'ai dit \ d'eux, par vengeance et par leurs intrigues, ils me feroient j conduire à la guillotine, comme ils vouloient faire de ceux qu'ils avoient proscrits. On dit dans la ville que la mère du maire A. s'est vantée qu'elle avoit écrit les noms de 40 personnes qui avoient parlé contre son fils, mais j que sitôt qu'il seroit arrivé de Paris, il les feroit guillo tiner.

On est surpris que l'on ait fait démolir les clochers dans { le département de l'Ain et que dans les autres ils existent. Je suis sûr que dans celui du Jura, ils ne sont pas abattus et qu'il y a une cloche dans chaque clocher. Il paraît donc que la Convention ne l'a pas décrété, que c'est peut-être | les sans-culottes qui ont sollicité le représentant Albitte de f les faire démolir ; car il y en a parmi eux qui ne veulent f point de signes de religion...

Empruntons encore aux notes manuscrites de M. de Lateyssonnière un extrait de la dénonciation faite, le 27 thermidor, par la commune de Meillonnas contre le plus enragé de nos Jacobins :

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