CHAPITRE
Ce jour-là enfin, un ex-commandant de Tun des deux bataillons de la garde nationale, le citoyen Rossand^ donna gratuitement la comédie. Boisset, par son arrêté du 2 fructidor, avait réuni les deux bataillons en un seul et réorganisé Tétat-major comme il suit : Bon-Grolier^ commandant, Gervais^ commandant en second, Dagallier, adjudantmajor, Chiirlet, adjudant sous-officier. Maréchal^ tambour-major. Le commandant Rossand était donc redevenu simple fusilier. Or, cinq jours après, étant de service en cette qualité, il paraît au poste avec deux épaulettes en soie, signe distinctif des officiers; de plus, comme les commandants, il traîne un long sabre et porte un grand panache au chapeau. La plaisanterie n^est pas bien prise par tout le monde : c'est une bravade, un manque de respect au représentant.
L'agent national de la commune fait immédiatement son rapport et le Conseil général arrête : a, Qu'il est défendu au citoyen Rossand, fusilier, de porter des épaulettes ou quelque autre signe de distinction quelconque et en conséquence qu'il lui est enjoint de quitter celles dont il étoit décoré aujourd'hui à la parade. »
Si Tex-commandant avait autant d'esprit que son fils, Fauteur des Églantines et des Coups de ^ouet^ le pauvre agent national dut passer un maui^ais quart d'heure.