‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 2)Chapitre 167 sur 254 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

La commission que je vous donne est une preuve de ma confiance. J'aime à croire que vous y re'pondrez en républicains, dont le premier des devoirs est de chercher à connoître la vérité par tous les moyens possibles.

Salut et fraternité.

BOISSET (i).

Les officiers municipaux Chesne, maire, Chevrier, de Nantes, Brichon et Favier sont nommés par leurs collègues commissaires pour procéder aux informations avec le concours des citoyens Blanc, neveu, Valet, Morellet, Desbordes et Buget comme secrétaires ou suppléants.

Nous dirons plus loin le résultat de Tenquête. Constatons simplement ici que cette lettre du représentant acheva de pacifier les esprits et qu^il partit pour Belley le 6 fructidor, laissant la ville de Bourg parfaitement tranquille.

Le lendemain, l'agent national du district lui écrivait en lui transmettant la correspondance reçue dans la nuit :

La tranquillité que tu as rendue à la commune de Bourg se maintient. Les autorités constituées veillent d'ailleurs; qui pourroit la troubler? Tu as enchaîné l'intrigue, source de tous les maux qui ont affligé ce département; et la punition de ses auteurs achèvera le grand ouvrage que tu as commencé f^2).

(i) Registre municipal de Bourg, 3 fructidor an II.

(2) Registre de correspondance de l'agent national du district.

Le même jour, le directoire du district exprimait son bonheur dans une longue adresse à la Convention dont voici les phrases les plus saillantes :

Vive la République ! Vive la Convention ! Le peuple du département de l'Ain commence à ressentir les effets de la liberté!... Nous jouissons du plaisir de voir la justice et la probité succéder à l'arbitraire le plus affreux, aux vexations les plus tyranniques, aux vols, enfin à tous les crimes dont la faction scélérate de Robespierre nous a donné le triste spectacle... Nous devons ce changement délicieux à l'arrivée du représentant Boisset... Non seulement les citoyens de Bourg, non seulement les sociétés populaires, mais encore les communes de ce district sont venues en masse applaudir à ses travaux, lui témoigner leur joie d'être délivrés de l'oppression sous laquelle un petit nombre d'êtres immoraux et pervers les avoient plongés depuis plus de dix mois... (i).

Ce fut aussi le 7 fructidor que la nouvelle municipalité de Bourg, s^associant à Tallégresse générale, décida qu^elle rendrait les clefs de la salle des spectacles au comédien Joufîroy qui était alors à Beaune avec sa troupe ; il les demandait, pensant bien qu'il serait désormais à Pabri des tribulations qu'il avait éprouvées sous Tadministration de Blanq-Desisles.

(i) Fragment de registre du district de Bourg. — Arch. de l'Ain.

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