‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 2)Chapitre 177 sur 254 · CHAPITRE III. 30I · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. 30I

tua, tapissier ; — pour commissaire national, Jean-François Ravinet, de Chatillon ; — pour maire de Nantua, Jean-Joseph Domange.

Lors du passage de Boisset, la ville de Nantua était dans une grande perplexité. Les marchés manquaient de grains. Depuis plus de quatre mois, on n'avait que du blé mélangé de trois quarts d'orge, a et dont la distribution n'étoit faite qu'à raison du strict nécessaire. » Le district s'évertuait à ramener l'abondance par ses requêtes et ses proclamations. Des commissaires, les citoyens Lachapelle et Vuarin, étaient allés implorer la pitié du district d'Orgelet. D'autres, les citoyens Prost et Maissiat, porteurs d'une lettre du représentant, parcouraient les districts de Bourg, de Pont-de-Vaux et de Chatillon-lès- Dombes. D'autres encore, désignés par la Société populaire de Nantua, visitaient les campagnes voisines, procédaient au recensement des grains, et surveillaient l'exécution de la loi du maximum. Heureusement un agent de la marine, ayant à faire abattre une quantité considérable de sapins dans la forêt de Meyriat, occupa trois cents bûcherons requis dans vingt-deux communes, et pourvut à leur subsistance avec les provisions des magasins militaires. (Délibération du district du 23 fructidor.)

La joie produite dans notre pays par la fin de la Terreur et par Pincarcération de ses partisans fut vivement ressentie par les volontaires de TAin qui combattaient à la frontière. Ceux que la guerre avait épargnés dans le 3^ bataillon, écrivirent aux officiers municipaux de Bourg la lettre suivante qui fait honneur à leurs sentiments :

Au bivouac sur la montagne Verte, près Trêves, le 14 fructidor, l'an second de la République une et indivisible.

Chers concitoyens,

Nous pouvons donc nous livrer à la joie; le bonheur a reparu dans la cité qui nous a vus naître : les chaînes sous le poids desquelles la tyrannie faisoit gémir nos parens, sont brisées; le patriotisme et la vertu ne sont plus dans les cachots.

Combien de fois nous avons frémi au récit des maux qui pesoient sur nos concitoyens ! Maintenant nos cœurs peuvent s'épancher dans le cœur de nos amis; nous pouvons nous entretenir avec nos familles, sans craindre que le civisme que respirent nos lettres, n'en fasse des lettres de cachet pour ceux à qui nous les écrivons. Nous savons qu'on n'enchaînera plus nos parens, tandis que nous combattons pour la liberté. L'idée de leurs malheurs ne viendra plus attrister nos âmes et les rendre insensibles à nos propres succès. Quand la république aura triomphé des rois conjurés contre elle, nous trouverons dans notre pays la paix qu'un digne représentant vient d'y apporter au nom de la Convention.

Les signataires de cette adresse ne sont pas en grand nombre; ce sont les restes de vos enfans qui prirent les

Page 1