‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 2)Chapitre 178 sur 254 · CHAPITRE III. 3o · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. 3o

armes au premier cri de la patrie. Ceux qui sont morts partageoient nos sentimens; ils partageoient nos transports. Ils ont succombé dans des temps malheureux où l'ignorance et l'immoralité abusèrent de tous les pouvoirs : plus heureux qu'eux, si nous mourons, nous descendrons au tombeau avec la douce certitude que nos concitoyens jouissent de la liberté et du bonheur.

Adieu, chers concitoyens, recevez les embrassemens de vos fidèles amis.

Signé: Morel, sous-lieutenant; M^non, caporal-fourrier; Rodèt^ sergent-major; Marion^ quartier-maître trésorier; Duhamel^ sergent-major ; Berard^ chef de bataillon ; Crabouf, lieutenant, et Aillaud, sergent (i).

Les officiers municipaux répondirent :

Du 29 fructidor, an deux de la République, une, indivisible et démocratique.

Chers enfants et amis,

Nous avons reçu avec attendrissement les transports de votre joie sur les grands événements qui ont rendu vos parents, vos amis, vos concitoyens à la liberté et au bonheur. La Convention nationale dans sa sagesse nous a envoyé le représentant Boisset qui nous a convaincus que la justice et la probité sont véritablement à Tordre du jour, et que le règne de l'intrigue est à son terme.

Il n'est que trop vrai que la persécution la plus cruelle nous accabloit depuis plus d'une année; que nos intrigants avec le masque du patriotisme ne respectoient ni les propriétés, ni les personnes; qu'ils violoient les droits les

(i) Adresse faite aux officiers municipaux de Hourg par les volontaires du 3* bataillon de l'Ain. Imprime sur feuillet double in-4», — O* I),

plus sacrés; que sans humanité comme sans remords ils se livroient à tous les excès. Il n'est aussi que trop vrai que, pendant que votre sang couloit sur la frontière, les larmes de vos parents et de vos amis couloient dans les cachots. Le crime triomphoit. Mais l'arrivée du juste et vertueux Boisset a changé la scène ; ce digne représentant reconnoît l'intrigue, cherche les intrigants et fait tomber leur masque.

La félicité publique est proclamée. Notre cité, délivrée de ses tyrans, présente le spectacle le plus enchanteur. Hommes, femmes, enfants et vieillards, tous chantent leur libérateur et bénissent la Convention...

Tel est, chers enfants et amis, le tableau consolant de notre situation. Nous arrivons au port après une longue tempête... Nos neveux croiront avec peine que trente individus environ aient effrayé et vexé si longtemps une population de trois cent mille âmes...

Pour vous, enfants chers et précieux, poursuivez votre carrière glorieuse. Au premier cri de la patrie, vous avez pris volontairement les armes; vous ne les quitterez qu'après avoir vaincu les ennemis de la liberté. La victoire, compagne constante de vos drapeaux, vous ramènera dans vos foyers où les couronnes civiques vous attendent. Nous vous serrerons dans nos bras; nous nous enorgueillirons de votre existence, et nous jouirons tous du vrai bonheur que la vertu fait goûter (i).

Le 1 6 fructidor, on eut avis que Gauthier-des- Orcières, envoyé par décret du 9 dans llsère et le

[i) Registre de correspondance de la commune de Bourg. ■— Arch. municipales.

Page 1