André, avoué
i3. — Barquet, principal du collège.
Les sept premiers s'étaient réfugiés à Paris. Au plus fort de la Terreur, le Comité de sûreté géné-j raie, sur les instances d'Albitte et de ses compli-i ces, avait, le 22 pluviôse an II, ordonné Tarresta-i tion de ces sept fugitifs et leur envoi à Commune-; Affranchie, c'est-à-dire à l'échafaud. De plus, k] district de Bourg les avait mis hors la loi par ur' arrêté du 25 prairial suivant, signé : Gallien, Juvai non, Battur et Rollet.
Boisset, auquel les proscrits s'adressèrent, leui rendit le droit de vivre au grand jour, et voie, comment fut motivé, ab uno disce omnes^ Parrêté qu'il prit à Bourg, le 19 fructidor, à Tégard du citoyen Morel :
Ouï le témoignage des bons citoyens en faveur de la mo ralité et du civisme du pétitionnaire ;
Considérant qu'à la Représentation nationale seulemen appartient le droit de mettre un citoyen hors la loi ;
Considérant que le décret du 28 pluviôse dernier, qu; défend de traduire à Commune-Affranchie aucun citoyer du département de l'Ain, anéantit l'arrêté du Comité d( sûreté générale du 22 du même mois qui ordonnoit k translation du pétitionnaire pour être jugé à Commune- Affranchie ;
Déclare nuls et comme non avenus les arrêtés attentatoires ci-dessus cités ;
Arrête que le citoyen Morel demeure réintégré dans ss
qualité de citoyen avec de'fense d'attenter à sa liberté (i).
Le lendemain, 20 fructidor (6 septembre 1794), e proconsul, sur l'avis des autorités constituées, signa encore à Bourg la liberté définitive de « la :itoyenne Duport Marron Meillonnas )> et celle ï des citoyens Aimé Duport et Bourbon son Epouse. »
Ce fut peut-être aussi pendant ce deuxième séour à Bourg que Boisset reçut de la Convention e décret du 9 fructidor qui lui confia Taffermissenent du gouvernement révolutionnaire dans le lépartement de Saône-et-Loire comme dans celui le PAin *, et c'est alors, selon toute apparence, [u'il fit imprimer à Bourg deux proclamations »our annoncer sa visite à ses nouveaux adminisrés. Ces deux pièces ne portent aucune date.
La première débute ainsi :
La Convention vient de m'envoyer dans votre départelent pour vous apporter l'union ; je seconderai ses désirs, •ue l'intrigue et la calomnie disparoissent ; que le patriosme seul reste. Jetez un coup d'œil sur le département 3 l'Ain ; vous y verrez la joie succéder à la sombre tris- ;sse, l'union fraternelle aux déchiremens, et la liberté à ssclavage. C'est en vain que la malveillance s'agitera pour DUS montrer quelquespatriotesopprimésdansceuxque j'ai
(l) Registre municipal de Bourg, séance du 21 fructidor an II.
3lO DIX-HUITIÈME ÉPOQUE.
punis par l'arrestation ; je n'ai frappé que des hommes présumés voleurs ou fripons, oppresseurs et partisans de la tyrannie triumvirale. . . (i).
Des lieux communs de la seconde, nous n'extrairons qu'une phrase :
Sociétés populaires, que votre impulsion soit celle de l'amour pur de la Patrie; chassez loin de vous tous ces êtres immoraux qui ne vivent que de brigandage et de crime, qui ne s'abreuvent que de sang; chassez loin de vous tous ces hommes qui sous des phrases pompeuses en parlant vertu, paix et union, tenteroient de faire circuler dans vos âmes le poison du modérantisme (2).
Avant de se rendre dans Saône-et-Loire, Boisset voulut terminer sa tournée dans PAin. Desj documents nous indiquent sa présence à Montluel le 22 fructidor, à Commune- Affranchie le 28, à Chatillon-sur-Ghalaronne le 2^ jour des Sans-Culottides (18 septembre).
A Montluel, il reconstitue le district en nommant : agent national, le citoyen Ve:{u^ Louis, notaire à Meximieux; — administrateurs, les citoyens Montessuy Benoît, notaire à Loyes ; Parra Joachim et Chalaîzd Pierre-Georges, hommes de loi; Croi^ier François, instituteur à Montluel ; —
(i) Le Représentant du peuple délégué dans le département de l'Ain et Saône-et-Loire par décret du g fructidor, aux habitans de Saône-et- Loire. Bourg, Philipon, affiche. — C'^ D.
(2) Affiche intitulée comme la précédente. — C" D.