‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 2)Chapitre 189 sur 254 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

publicain Boisset, pour désopprimer le peuple de ces malheureuses contrées ; il annonce une conférence avec MÉAULLE, qu'il suppose être indigné comme lui, et assure qu'ils attendent l'arrivée d'ALBiTTE, pour porter, de concert, un remède général et efficace à ce qu'il appelle une atroce persécution. Le même système, dit-il, est à l'ordre du jour dans toutes les parties de la République ; mais il se réjouit de l'excès du mal, parce qu'en révolution, selon lui, c'est dans l'excès même du mal que se trouve le remède. Les intrigans sont à ses yeux des patriotes opprimés ; il promet de venir à leur secours ; il ne demande donc que quelques jours de patience.

Quelques jours de patience ! De quel affreux malheur nous menace donc le représentant Jagoz à l'aide de ses deux collègues... ?

N'est-ce pas assez pour nos lâches oppresseurs d'avoir traîné l'innocence à Téchafaud, et d'avoir tourmenté dans les cachots une foule de patriotes? Faut-il encore de nouvelles victimes à ces tigres altérés de sang, à ces vampires de la Révolution, qui n'ont d'espérance que dans le désordre, qui ne vivent que de larcins, qui ne respirent que pour la haine, qui détestent tous ceux qu'ils ne peuvent pas dominer, qui ne connoissent de lois que celles du crime ?

Ils se disent patriotes 1 Jusqu'à quand donc abuserontils de ce caractère sacré de là Révolution ! Eux patriotes 1 Qu'ont-ils donc fait pour le peuple ? Le vol, le brigandage, l'exportation du numéraire, l'agiotage, la connivence avec les insurgés, les actes arbitraires, les violences, les incarcérations, les calomnies étoicnt leurs crimes de tous les jours ! . . .

Ils se disent patriotes? A quelle enseigne donc les reconnoîtrons-nous ? Est-ce à l'enseigne de leurs crimes sous

le régime de la liberté, ou à celle de leurs vertus sous le règne de la tyrannie ? Sous l'un et l'autre rapport, nous n'apercevons en eux que l'excrément de tous les régimes : des prêtres^ des moines^ des muscadins échappés à la première réquisition^ des agens de seigneur^ des émigrés rentrés^ tels sont les caractères qui distinguent la plupart d'entre eux ; et ils se disent patriotes ! et un représentant du peuple, qui a pendant si longtemps exercé des fonctions sacrées, autant que délicates dans le Comité de sûreté générale, ne craint pas de les honorer de ce titre; quelle honte pour la Révolution ! (i).

A l'exemple des citoyennes de Bourg, celles de Belley adressèrent aussi à la Convention leurs félicitations et leurs vœux :

Citoyens Représentans,

Ce sont les épouses, les mères, les sœurs des patriotes de cette commune que votre justice a rendues au bonheur, qui vous expriment leur gratitude et leur entière confiance...

Le crime s'agite encore dans les cachots ; mais le peuple, éclairé sur ses ennemis, vous demande vengeance, et il attend avec une ferme sécurité l'effet de la justice nationale. Alors la^ paix sera toujours parmi nous ; alors la vertu triomphante deviendra la compagne de la liberté que nous

(i) La Société populaire et républicaine de la comrmine de Belley, à la Convention nationale. S.l.n.d., 4 p. 111-4°.

Première édition sans la lettre de Jagot. — Ph. L. D. Deuxième édition avec la lettre de Jagot. —• C»« D.

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