‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 2)Chapitre 188 sur 254 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

indique assez clairement les espérances criminelles des héritiers politiques de Robespierre.

Paris, le i6 fructidor, deuxième année républicaine.

Au citoyen Peysson^ administrateur du département de PAin (i), ^ Bourgs pour faire tenir à la citoyenne Thorombert, ne'e Peysson, à Belmont.

Je viens de recevoir, ma chère infortunée concitoyenne, ta lettre date'e de Belmont, le 1 1 de ce mois. Les sentimens du plus pur patriotisme qui la caractérisent, me sont un sûr garant du courage et de l'e'nergie avec lesquels tu supporteras encore la nouvelle et atroce persécution dont ton époux, mon ami, vient d'être la victime (2). Je ne puis, pour en adoucir dans ce moment, s'il est possible, l'amertume, que t'inviter à prendre pour quelques jours patience. MéauUe vient d'arriver ; j'ai conféré avec lui sur ce qui se passe dans notre département; il en étoit déjà instruit; son indignation est égale à la mienne; et il a été convenu entre nous que, pour y porter un remède général et plus efficace, il falloit attendre l'arrivée d'Albitte, qui est en route. En attendant, sois bien assurée que nous ne perdrons pas un instant pour venir au secours des patriotes opprimés. Le même système est à l'ordre du jour dans toutes les parties de la République ; je dis tant mieux, car c'est dans l'excès du mal, surtout en révolution, que se trouve le remède. Adieu ; je prends part aux maux que tu éprouves, tout l'intérêt d'un franc républicain et d'un ami tout à toi et aux tiens. Salut et fraternité.

Grégoire Jagoz.

(i) Jagot oubliait ou ignorait que Boisset avait éliminé cet administrateur (voir ci-dessus son arrêté du 28 thermidor). (2) Voir ci-dessus la lettre de Boisset du 3 fructidor.

Cette lettre, interceptée par un membre de la commission municipale de Belley, fut apportée le 1^^ Sans-Culottide (17 septembre) au Comité de surveillance qui prit aussitôt la décision suivante :

Nous avons trouvé dans cette lettre des indices de manœuvres préparées contre les bons citoyens, non seulement de ce district, mais encore de tout le département, et nous avons cru devoir la retenir et arrêter qu'il en seroit adressé des copies i<> au représentant du peuple Boisset ; 2° au représentant Gauthier, en mission dans les départements de l'Isère et du Mont-Blanc ; 3^ aux députés de TAin ; 4» et à la société populaire de Belley (i).

Ainsi convaincue de la légitimité de ses craintes, la Société populaire de Belley s'écria :

Citoyens Représentans,

Ils ne sont plus douteux pour nous les complots qui menacent encore la liberté du département de l'Ain ; ils s'ourdissent jusque dans votre sein ; ils tiennent k un système général de machinations et d'atrocités dont vous n'avez abattu que la tête, et dont le tronc s'agite encore en mille sens divers. . .

Une lettre sans timbre, adressée indirectement à la femme d'un des intrigans qui nous opprimoient, se trouve écrite et signée par le représentant Jagoz, l'un de vos membres . Un représentant du peuple ! . . . Qui l'auroit cru ! Il console le crime, il ranime ses espérances coupables ; il traite de persécution atroce les mesures qu'a prises le ré-

(i) Registre du Comité de surveillance de Belley. — C" D.

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