‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 2)Chapitre 201 sur 254 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

OoRFEUiLLE, ci-dcvaiit membre de la Commission temporaire à Commune- Affranchie. Six griefs, i®"" : A son arrivée à Bourg, il s'est intimement lié à la masse des intrigants dont il est devenu l'un des chefs. Il se montra tout de suite publiquement l'apologiste d'Hébert. Il prêcha et propagea dans la société populaire et dans le temple de la Raison, la morale sale et dégoûtante de cet homme corrompu. Il le singeoit dans des écrits qu'il faisoit imprimer et distribuer avec profusion sous le titre de « Frère cadet du père Duchesne », dont il se disoit l'ami. Comme lui sans moralité, il prêcha l'athéisme, avilit la Convention, notamment Gouly représentant et la députation du département de l'Ain dont aucun, disoit-il, n'étoit à la hauteur de la révolution ; il les traitoit de gueux, de scélérats, de contre-révolutionnaires, etc. Il se vanta d'avoir jugé les détenus à la mine... — 5^ : Il disoit à Difernel, secrétaire du représentant Méaulle : « Voici la pétition de trois chartreux qui dénoncent le brave Laymant pour un enlèvement de numéraire et de calice ; sais-tu bien ce qu'il faut faire de cette dénonciation ? Il faut envoyer les trois

b à Commune-Affranchie et les faire guillotiner.

Voici la réponse à leur pétition (i). »

En terminant ces extraits, nous devons répéter qu'ils n'ont pas pour but de faire apprécier le degré de culpabilité de chaque prévenu, mais simplement de satisfaire la curiosité du lecteur. Une autre observation non moins importante, c'est que,

(i) Aperçu des preuves acquises dans les informations faites par les commissaires de la municipalité de 'Bourg contre 'Blanq-Desisles, Albant, etc. Manuscrit de 36 p. grand in-folio. — O" D.

C'est une copie datée du 7 vendémiaire an II. La minute fut déposée le même jour à la mairie.

dans le manuscrit, chaque grief est escorté, en marge, de nombreux numéros indiquant les déclarations où se trouve la source ou la preuve du texte (i).

Le travail des commissaires {Aperçu des preuves...) et celui de la Société populaire {Tableau analytique...) furent expédiés à Paris le même jour. Voici les deux lettres d'envoi d'après les autographes :

Bourg, le 7 vendémiaire, l'an 3 de la République, une, indi visible et démocratique.

La Société populaire de Bourg au Comité de sûreté générale.

Représentants, la Société populaire de Bourg a eu connoissance de l'ordre surpris à votre sagesse, par lequel vous suspendiez les poursuites contre des hommes pervers qui ont porté la désolation dans le département de l'Ain. Son devoir est de vous éclairer pour juger sainement la cause du crime avec la vertu.

Elle s'empresse de publier la vérité, et vous envoie le tableau de la situation de ce département avec le récépissé des preuves qui caractérisent le délit. Les pièces sur lesquelles reposent ces preuves sont déposées dans votre Comité où la Convention et les différents Comités qui

(i) Ces 400 déclarations, remplissant quatre cahiers, A, B, C, D, n« sont pas sous nos yeux. Une note du manuscrit nous apprend qu'en raison de la longueur du travail, il n'en a été fait qu'une expédition, déposé» au Comité de Sûreté générale.

Trente-six pièces justificatives étaient jointes à l'information. Les quâ' tre cahiers A, B, G, D, formaient la 34' (Voir ci-après ch. viii).

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