CHAPITRE V
lettre B, aux autres la lettre P, et aux autres la lettre M. Le 20 du même mois de pluviôse, il entra dans la même maison ; il dit qu'il avoit un moyen pour avoir les biens des riches détenus, et l'indiqua par un geste qui signifiait la guillotine. Ce fut quatre jours après que dix-huit détenus furent envoyés à Commune-Affranchie.
CoNVERs, notaire. Sept griefs. 6« : Il assista aux conciliabules nocturnes dont le résultat fut l'envoi de plusieurs détenus à Commune -Affranchie. Voir à cet égard la déclaration qu'il a écrite de sa main et qui se trouve annexée à l'information.
Décrusse, vitrier. Quatre griefs, i^r : H étoit un des municipaux les plus acharnés à conduire les soldats de l'armée révolutionnaire dans le domicile des citoyens. 4® : Dans les premiers jours du mois de germinal, il entra la nuit avec Albant et Brocard dans la maison des Claristes, où ils enlevèrent aux détenus de l'or, de l'argent monnoyé, de l'argenterie et des vêtements.
DucLOS, menuisier. Sept griefs. 5^ : Fait commerce des biens nationaux, écarte les miseurs comme Laymant, s'enrichit, et, malgré la dépense excessive qu'il fait pour sa table et son ameublement, se trouve possesseur de beaucoup de biens ruraux. — 6« : Il disoit à la tribune de la société populaire qu'il falloit tirer le canon à mitraille contre la maison des détenus des Claristes pour dispenser la garde nationale. du service de ce poste.
Boccard, garçon ébéniste. Trois griefs. i<"^ : Intrigant dangereux, sans mœurs ni principes, vexateur des citoyens de la commune.
Baron-Chalier, officier de santé. Cinq griefs. S^ : Rédigeoit dans son bureau les délibérations de la société populaire et les faisoit signer aux secrétaires sans les lire.
Maret-Ychard, cabaretier. Trois griefs. 3^ ; A enlevé chez différents citoyens des estampes, des couverts, du sucre, des chandelles, des malles remplies de numéraire des assignats, de la toile, de l'argenterie, du café, de 1 cire d'Espagne, des vins de Bourgogne, etc. Quand il a vu que la justice succédoit au crime, il a brûlé beaucoup de livres de littérature.
Gay, garde-magasin de la Grenette. Cinq griefs. 3^ : Il disoit sur les places publiques qu'il falloit qu'il pérît QUATRE CENTS citoyens de la commune de Bourg pour y ramener la paix, qu'il les guillotineroit lui-même et que ce seroit son don patriotique ; qu'il y avoit long-temps que ces b -là jouissoient et qu'il falloit laisser jouir les autres. — 5e : il prit chez différents citoyens de l'argent monnoyé, des effets d'or et d'argent, etc.
Ravet, Benoît, banqueroutier. Un seul grief. A pris au domicile de différents citoyens plusieurs pains de sucre, une canne à pommeau d'or, la somme de i5 livres en gros sous, une paire de pistolets de poche, une tabatière d'ccaille garnie en vermeil, un bonnet de soie brodée, des effets en argent, etc.
Ducret, serrurier. Deux griefs. 2^ : Se fait remettre par la concierge les clefs des armoires de la sacristie de Brou, en sort tous les ornements, aubes et autres linges, les entasse dans des sacs qu'il fait voiturer et emporter ; force les portes de quelques petites armoires dont on ne peut pas trouver les clefs, en retire beaucoup d'effets précieux, enlève plusieurs pièces de velours cramoisi garnies d'une broderie en or, menace la concierge lorsqu'elle lui observe qu'il existoit un inventaire de tous ces effets et répond que personne n'a rien à voir à sa conduite. Fait d'autres enlèvements de cette espèce chez divers citoyens.