‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 2)Chapitre 211 sur 254 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

frère l'injurieuse épithète de rebelle. N'est-ce pas touchant, n'est-ce pas sublime de patriotisme ? Lisez plutôt :

O mes ennemis ! pour cette fois je m'avoue vaincu ; tout mon courage m'abandonne, je me livre entre vos mains. Assouvissez sur moi toute votre haine; insultez à votre aise aux accens de ma douleur, en les appellant des jérémiades. Choisissez vous-même le genre de mon supplice ; cherchez, fouillez dans les annales des crimes de l'humanité, par quelles tortures vous pouvez rassasier sur moi votre rage... Mais, de grâce, épargnez ma famille; que je sois seul votre victime ! Épargnez l'asyle des tombeaux... ; cet asyle fut respecté chez les nations les plus barbares. Je me jette à vos pieds ; laissez-vous attendrir ;... je vous suivrai, me traînant sur mes genoux, jusqu'à ce que j'aye obtenu de vous un signe de compassion, pour la mémoire de mon malheureux frère (i).

Alexandre Riif^ terroriste de Trévoux, se sentant menacé comme les précédents par la réaction thermidorienne, traça aussi le tableau de sa vie révolutionnaire A Ten croire, c'était un patriote intègre.

J'ai préféré, dit-il, de consommer presqu'entiérement ma fortune, même de vendre la majeure partie de mon mobilier, plutôt que de toucher d'autresdeniers de la République

(i) Réponse du citoyen Torombert, détenu à Bourg depuis six mois, à l'adresse des citoyens de ^elley, aux membres du Comité de sûreté générale. S.l.n.d., 18 p. in-4». — Ph. L. I).

II y a une petite erreur dans ce titre. L'ccrit auquel repond Torombcrt est adressé à la Convention nationale.

SyO DIX-HUITIÈME ÉPOQUE.

que les 85o livres de mon traitement de juge civil, pendant six mois et vingt-quatre jours, encore parce qu'une loi m'y a forcé.

De plus, d'après son mémoire, il s'était toujours conduit avec humanité, avec générosité, ne s'était jamais lié avec le terrible Bouclet, n'avait pris part à aucune violence.

N'ayant dénoncé qui que ce soit, dit-il, ni par d'autres moyens participé à aucune des atrocités commises dans la République, pas même aux arrestations qui y ont eu lieu, surtout depuis le 3i mai 1798 (v. s.), ayant au contraire constamment détesté toute espèce de tyrannie et de persécution ; enfin, ne croyant pas avoir la moindre des choses à me reprocher, je ne me serois jamais attendu à me voir traiter aussi ignominieusement que je le suis depuis quelque temps.

Plus loin il affirme encore qu'il ne s'est mêlé d'aucune arrestation de prêtres ou de nobles ; mais, oubliant qu'il vient de dire qu'il n'a dénoncé qui que ce soit, il raconte le fait suivant, qui montre ce que valent ses affirmations.

Le serment de quelques-uns de ces prêtres ralluma, en 1 792, les torches du fanatisme ; il commençoit à occasionner des troubles, et j'en fus tellement affecté que je ne pus garder sous silence les trames que déjà ourdissoit un des ci-devant nobles, qui étoit du rassemblement effectué dans le couvent des Carmélites lors de l'évasion de Capet, trames qui ne tendoient rien moins qu'à expulser de ses propriétés quelques cultivateurs, parce qu'ils assistoient,

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