CHAPITRE VII
De réglise de Brou la discussion passe à celle de Notre-Dame, et le Conseil général,
Considérant que la commune de Bourg est privée d'un horloge f^i) qui lui est absolument nécessaire, attendu qu'il étoit le seul de ladite commune que l'on pût entendre dans toute la cité, et qu'on ne peut replacer cet horloge sans avoir fait les réparations nécessaires au clocher de la ci-devant église paroissiale ;
Arrête que les citoyens Cochet et Chauvreiche, architectes, demeurent invités de faire un plan estimatif des dites réparations et constructions pour, à la vue du dit plan, être autorisés à faire les dépenses convenables pour empêcher la ruine de ces édifices (2).
La proclamation de Boisset contre les nobles et les prêtres et son arrêté de réincarcération (ch. v ci-dessus) n'avaient pas suffi, à ce qu'il paraît, pour démontrer son zèle révolutionnaire. Averti sans doute confidentiellement que les membres du Comité de Sûreté générale se disposaient à demander à la municipalité de Bourg des explications sur les prétendus traitements barbares infligés aux prétendus patriotes, il leur écrivit la lettre suivante :
MâcoD, le 7 vendémiaire, l'an 3 de la République. Citoyens Collègues, C'est en vain que la calomnie aiguise ses traits; c'est en vain que l'intrigue cherche encore à s'agiter, j'ay de quoi la confondre.
(i) Horloge est du féminin et l'était déjà du temps de Rabelais. Quelques personnes toutefois lui donnent le genre masculin, plus conforme à Tétymologie horologium.
(3) Registre municipal de Bourg. \
On ne m'accusera pas de vouloir faire le procès aux patriotes de 89 ; je les aime plus que moi-même et comme les auteurs de la liberté et comme les pères de la Révolution.
Je distingue dans les trente-deux prévenus que j'ay mis en état d'arrestation par mesure de sûreté générale trois classes : les uns de bonne foi, ceux-là sont libres depuis i5 jours ; les autres comme des égarés ; les autres comme des fripons ou des hommes de sang.
Les déclarations cy-jointes et le tableau historique vous intéresseront et vous mettront à même de prononcer.
Les échafauds ne se sont point élevés sous mes auspices ; et si j'avois eu l'idée de faire souffrir un patriote, je me jugerois indigne d'occuper le poste de législateur.
La liberté de la presse m'a gratifié d'une diatribe, je m'en applaudis; je ne m'abaisserai point jusqu'à répondre. La vérité est là pour détruire le mensonge.
L'accusateur public du tribunal n'a point eu de procédure à suspendre, et les cent citoyens mis en procès sont encore dans le cerveau des auteurs de cette atroce calomnie.
Tous les ex-nobles, les prêtres et fédéralistes, etc., ne sont pas en liberté ; car il en existe encore au moins quatre cents qui sont détenus dans le département. Ainsi je n'ay point contrarié la loi du 17 septembre. Au contraire, )'ay pris un vigoureux arrêté pour maintenir son exécution. Vous le trouverez cy-joint.
Je vous fais passer encore les diverses proclamations que j'ay faites pour que le char révolutionnaire ne soit pas arrêté et que la liberté triomphe de l'aristocratie et du fanatisme.
Courage, Collègues, union, fraternité. Tout à vous.
BOISSET (l).
(i) Lettre autographe. — C»« D.