‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 2)Chapitre 216 sur 254 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Cette lettre inédite indique bien la situation difficile de notre proconsul, et prouve l'intensité de la persécution révolutionnaire puisque, après de nombreux élargissements, il restait encore en prison au moins 400 nobles, prêtres ou fédéralistes.

Deux jours après, 9 vendémiaire an III (3o septembre 1794), Boisset, pour dissiper tous les doutes de ses collègues, prescrivit d'une façon plus précise, plus rigoureuse, la réincarcération des nobles et des prêtres. Voici son nouvel arrêté :

Le Représentant du peuple Boisset, délégué dans les départements de l'Ain et de Saône-et-Loire,

Instruit que des autorités constituées du département de TAin rendent la liberté sous prétexte de maladie ou autres à différents détenus,

Considérant que la malveillance tend tous les pièges et fait jouer tous les ressorts pour détruire le fruit de ses travaux, ravir la liberté au peuple et calomnier ses opérations ;

Arrête que tous les ex-nobles, ex-prêtres, ex-religieux et religieuses, parents d'émigrés et tous autres citoyens qui, sous prétexte de maladie ou autres, auroient été mis en liberté soit par les autorités constituées, soit par le comité de surveillance sous ses ordres, seront réincarcérés sur-lechamp ;

Rend responsable chaque membre en particulier de tous les événements qui auroient pu ou pourroient résulter de leur foiblcssc et de l'inexécution des présentes.

Arrête en outre que ledit arrêté sera porté par un courrier extraordinaire à chaque district.

Fait à Mâcon, le 9 vendémiaire, 3^ année républicaine.

BOISSET (i).

A la réception de cet arrêté, séance du 1 1 vendémiaire, le Conseil général de la commune, considérant que les détenus mis en liberté sont, pour la plupart, des vieillards valétudinaires, et qu'à défaut d'infirmerie, on a dû par humanité, les rendre à leurs familles, députe les citoyens Chesne, maire, et Bouveyron, officier municipal auprès du représentant, pour l'engager à revenir sur sa décision.

De plus, séance tenante, le Conseil général, voulant paraître humain à Tégard des faux patriotes comme à l'égard des autres détenus, ou plutôt prévenu de l'enquête projetée par le Comité de Sûreté générale, décide que les Terroristes de Bourg, mis au secret par ordre de Boisset dans les chambras malsaines dites les Barreaux, seront transférés dans la salle de VEgalité à la place de six Terroristes du Bugey , lesquels seront installés dans la salle des Notables.

Le même jour, le Comité révolutionnaire propose de mettre en liberté provisoire un frère bénédictin nommé Jacob, âgé de cinquante-huit ans et infirme. Toutefois, pour se conformer au nouvel

(i) Registre municipal de Bourg, séance du 11 vendémiaire an III.

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