CHAPITRE Vil
arrêté, il ordonne la réincarcération de « la fille Divoley, sœur d'émigrés, ex-noble, et de Jalamonde, ex-prctre, ex-noble, mis en liberté, quoique non malades. Peut-être savait-il que son ordre n'atteindrait pas la citoyenne Elisabeth d'Ivoley, qui avait obtenu de Boisset sa liberté définitive par arrêté spécial du 8 vendémiaire.
Les femmes de Sans-Culottes, que Ton avait enfermées aux Claristes pendant quelques semaines, usaient de leur liberté, de manière à troubler la tranquillité publique. Elles se rassemblaient la nuit chez la citoyenne Hurville, belle-mère de Blanq-Desisles. C'est là sans doute que s'élaboraient les rapports destinés à tromper la Convention ; c'est de là que partaient les bruits alarmants d'une prochaine revanche des vaincus.
Le 10 vendémiaire, deux membres du Comité révolutionnaire, assistés de deux officiers municipaux et de deux notables, constatent par procèsverbal « un rassemblement nocturne de personnes suspectes dans la maison de Desisles, détenu, » et font reconduire en prison lesdites personnes. Le Comité, réuni le lendemain.
Considérant que les dénonciations multipliées dont le Comité a été accablé ces jours derniers contre la conduite inquiète et tracassière des femmes qui formoicnt ledit rassemblement ;
38o DIX-HUlTliÈME ÉPOQUE.
Considérant que partie de ces femmes, mises sous la surveillance des autorités constituées, en ont reçu plusieurs fois l'avis fraternel de rester tranquilles dans leur ménage et de ne point provoquer l'inquiétude du peuple ;
Considérant que bien loin de déférer à la sagesse de cet avis, elles se sont permis une conduite toute opposée, en cherchant à blâmer et à avilir les autorités constituées et notamment la municipalité de Bourg, organisée par le Représentant du peuple Boisset ;
Considérant enfin que ces attroupements nocturnes de personnes frappées de la suspicion de la loi ne peuvent qu'être dangereux à la chose publique, et qu'ils ont déjà troublé un moment l'harmonie et la tranquillité qui régnoient dans cette commune ;
Approuve la conduite des commissaires, et néanmoins fait relaxer les tricoteuses pour Inisser au représentant le soin de statuer sur leur sort. Il est probable que leur réincarcération est jugée inopportune, au moment où les plaintes des intrigants semblent écoutées en haut lieu.
Attendu, dit simplement le Comité, que le Représentant du peuple les a, par un arrêté rendu depuis peu de jours, mises sous la surveillance des autorités constituées auxquelles elles doivent rendre compte de leur conduite, et qu'il convient que le Représentant du peuple, qui a connoissance des motifs de leur suspicion, statue et prononce ce qu'il appartiendra ;
Arrête qu'extrait du procès-verbal du jour d'hier, ensemble les dénonciations faites au Comité y relatives, seront sur-le-champ adressés au Représentant du peuple Boisset, et que les femmes Diicret^ Désistes^ Chaigneau^