‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 2)Chapitre 223 sur 254 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

cil liberté par Boisset des citoyennes Bouverot, Robelin et Billioud^ détenues h Trévoux pour opinions religieuses.

<) vendémiaire. Liberté à'Auger^ religieuse, détenue à la Charité depuis sept mois, e^de Marie-Louise Dubreuil^ ex-religieuse de Neuville.

II vendémiaire. Mise en liberté parBoisset des frères Louis et Joseph Michet^ détenus à Trévoux.

16 vendémiaire. Liberté de Catherine Giiinet^ religieuse, détenue ù la Charité.

21 vendémiaire. Liberté de Fex-chanoine Bon^ âgé de 65 ans, détenu à Brou.

27 vendémiaire. Liberté du prêtre Perrenin, âgé de 70 ans, détenu depuis un an à Bicêtre.

28 vendémiaire. Guérin^ prêtre, détenu à Brou, s'évada en passant par-dessus les murs. On inventoria son misérable mobilier qui étoit sous les scellés.

Même jour. Le Directoire du district de Bourg, considérant que la maison du Chatelard, située rue Victoire (Bourgmayer), ne contenoit plus que très peu de détenues, ordonna que celles qui s'y trouvoient seroient transférées à la prison dite Charité et que la maison dite du Chatelard seroit rendue à sa propriétaire. On n'osa pas la nommer ; c'étoit M™e de Lateyssonnière, ma mère. — J'omettois ceci : la rue Bourgmayer avoit quitté son nom antique, pour prendre celui de rue Victoire, parce que tous les habitans de cette rue ou peu s'en faut ayant été emprisonnés, c'étoit une victoire remportée sur eux.

Cette explication n'est pas complètement exacte; e changement des noms de rues est antérieur aux ncarcérations, puisqu'il remonte au 14 janvier 1793 (voir le tome 111, p. 1G2). Mais Taboli-

BgO DIX-HUITIÈME EPOQUE.

tion de la noblesse et de la royauté justifiaient déjà l'intention ironique du nom donné à la rue de l'aristocratie.

Revenons au manuscrit de M. de Lateyssonnière pour une dernière citation qui témoigne de la bienveillance de Boisset.

A peu près à la même époque, Boisset ayant de'claré que, d'après les lois, ceux des détenus qui seroientàgés de moins de 18 ans ou qui auroient atteint l'âge de 80 ans, seroient mis en liberté, sans autre formalité que de prouver leur âge, quatre demoiselles détenues, en calculant leur âge, s'aperçurent qu'entre elles quatre elles formoient l'âge de 80 ans; elles présentèrent à Boisset une pétition dans laquelle elles lui exposèrent qu'entre quatre elles formoient une octogénaire, ce qui leur donnoit droit à la liberté. Boisset rit de la demande et les rendit à leurs familles. Ce fait m'a été raconté par une des quatre pétitionnaires.

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