‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 2)Chapitre 224 sur 254 · CHAPITRE Vin · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vin

Maximum et disette ; arrêtés et proclamation, — Nouvelle protestation des habitants de Belley contre les calomnies de 'Bassal. — Coup d'oeil sur les manœuvres des intrigans de la commune de Bourg. Lettre de Gallien. — Nomenclature de suspects élargis par 'Boisset. — // élargit aussi quelques Terroristes. Son discours à Autun. Son arrêté sur les Sociétés populaires ; autres arrêtés. — Représentation théâtrale en l'honneur de 'Boisset. Fête martiale célébrée à Bourg le 2/ octobre iyi)4. —Pétition originale du littérateur Chassaignon, propriétaire du fief de rÉpinay,près de Thoissey.

La loi du maximum et les réquisitions de grains, soit pour les marchés publics soit pour les armées, aggravaient la disette. Les cultivateurs éludaient, malgré tout, la loi et les réquisitions, en vendant à domicile, et ils vendaient d'autant plus avantageusement que les marchés étaient moins approvisionnés. Le district de Bourg essaya de rassurer les consommateurs, en tirant le meilleur parti possible de cette funeste loi du maximum. Par son arrêté du 8 vendémiaire an III (29 septembre 1794), il chargea « cinquante commissaires patriotes » de faire le recensement général des denrées de toutes espèces, sauf le maïs et le sarrasin à peine récoltés. Boisset approuva cette mesure comme propre à calmer l'inquiétude et la rendit applica-

ble à tout le département par son arrêté du i3 vendémiaire daté de Mâcon 1).

Quelques jours après, le 19 vendémiaire, étant à Chalon-sur-Saône, Boisset lança une proclamation, attribuant la disette aux manœuvres de l'Angleterre; c'était, faute de mieux, un aliment donné à la colère du peuple :

Il se répand des bruits alarmans sur les subsistances, dit-il ; on agite le peuple, on l'inquiète ; c'est encore un des ressorts de l'aristocratie et de la malveillance ; c'est encore une des dernières ressources du cabinet anglais pour nous entredétruire. Les lâches ! ils fuient devant la bravoure des Français, et calculent froidement à Saint- James l'assassinat de milliers de bons citoyens. Ils font circuler les craintes; leurs émissaires, les aristocrates, unis d'intérêt, sèment la défiance et les divisions. Habitans du département de l'Ain, ne craignez rien, la patrie veille sur vous ; c'est une mère tendre qui n'abandonnera jamais ses enfans .

Autorités constituées, répandez la lumière ; magistrats du peuple, dites au citoyen : « Le grain que tu récoltes ne t'appartient point exclusivement; c'est bien ta propriété; mais tu dois la partager avec tes frères qui te donneront en échange des vins, des habits et d'autres productions de la terre. Quand la commission des subsistances fait des réquisitions, ou les autres autorités en son nom, tu dois obéir sur-le-champ, car à l'exécution de ces mesures est attachée la vie de tes fils, de tes parens, de tes frères qui

(i) Arrêtés relatifs au recensement de toutes les denrées, des S et i3 vendémiaire, l'an ^<= de la Rép. une, indiv. et dém. Bourg, Philipon, 8 p. in-4°. — Ph. L. D.

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