CHAPITRE VIII
: de Coup dœil sur les manœuvres des intrigans , de la commune de Bourg qui ont opprimé le dé- '■ partement de V Ain, par les envoyés du Représentant du peuple Boisset, pour déposer au Comité de Sûreté générale les dépositions de 400 témoins , appuyées de preuves matérielles (i).
Cet écrit, destiné comme l'adresse des Belleysiens, à « déchirer en entier le manteau dont s'enveloppaient les fripons, fauteurs de toutes les factions tyranniques, » nomme les vingt inculpés de Tenquête de Bourg et classe leurs méfaits dans douze paragraphes intitulés : — Avilissement de la Convention nationale. — Pervertissement des mœurs. — Les représentants du peuple circonvenus par eux. — Loi agraire prêchée. — Projet de massacrer les détenus et de faire égorger une partie de la commune de Bourg. — Vexation des campagnes. — Lois méconnues. — Projet de vengeance. — Propriétés nationales et particulières volées et dilapidées. — Violation du secret des postes, même à Pégard de la Convention. — Agiotage, correspondance avec les émigrés. — Apôtres de r athéisme.
A la suite se trouve Tindication détaillée des 36 pièces jointes à Tinformation, et enfin le texte même d'une lettre du G vendémiaire, adressée à la Société populaire de Bourg par Gallien, ex-admi-
(1) Paris, 19 vendcmiaire an III, i6 p. in-8. — Ph. L. D.
SpÔ DIX-HUITIÈME ÉPOQUE.
nistrateur, détenu à la maison des Glaristes. Il avoue dans cette lettre qu'il a été entraîné par Blanq-Desisles.
Citoyens, dit-il, j'ai fait des fautes ; mais, connoissant mon caractère, vous voudrez bien être persuadés que mon cœur n'y a point eu de part ; l'on m'a trompé, et je dois faire percer la vérité. Desisles est l'auteur des maux qui ont désolé cette commune. Desisles savoit que j'étois pauvre, et lorsqu'il m'arrivoit de combattre son opinion, il me menaçoit de me dénoncer et de me faire renvoyer ou incarcérer. Dans une affaire majeure entre Desisles et Peysson, j'avois promis de défendre ce dernier ; mais Desisles me fit menacer, et je n'eus pas le courage de le faire.
RoUet a le caractère naturellement dur ; mais c'étoit Desisles qui le conduisoit. Dans plusieurs conférences que j'ai eues avec RoUet, je lui ai représenté qu'il ne devoit pas traiter ses concitoyens avec tant de dureté ; j'avois même gagné quelque chose sur son esprit, au point que Desisles, s'en étant aperçu, vint un jour dans mon bureau et me dit que c'étoit moi qui mettoit mouche en tête à RoUet. ; . Enfin, citoyens, pendant tout le temps que j'ai été administrateur, j'ai toujours été au milieu des orages, et je vous assure qu'avec un cœur trop facile, je n'étois pas propre à cette place. J'ai mérité ma punition ; aussi je n'en murmure pas. J'espère que le temps et ma condi^ite me regagneront votre estime.
La Convention, qui avait organisé la Terreur, ne se pressa pas de frapper les Terroristes-, d'ailleurs les Jacobins, qui reprenaient courage, rete-