‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 2)Chapitre 231 sur 254 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Les Jacobins, quoique en minorité à la Convention, entretenaient cependant l'anarchie par leurs ramifications avec toutes les sociétés de provinces. La ville d'Autun était encore sous leur influence, lorsque Boisset y parut le 25 vendémiaire (i6 octobre 1794, car il en fit le reproche à la Société populaire :

Le système de Terreur, qui devoit anéantir la liberté et faire de la France un immense tombeau, existe encore, s'écria-t-il, dans quelques commune? ; il existe ici... Les citoyens, tremblant sous les mains de fer de quelques hommes égares ou profondément corrompus, n'ont point encore fait entendre leur voix. Quoi ! le peuple d'Autun courbe la tête, quand tout ce qui l'entoure est libre!... Des républicains gémissent sous un joug oppresseur, quand la patrie frappe les tyrans!... Non, cet état de stupeur doit cesser ; non, le régne de la tyrannie est passé ; l'empire de la vertu se fonde majestueusement sur les débris du crime (i).

Heureusement, la Convention, à la suite du rapport de Robert Lindet sur la situation intérieure de la République, prit le parti de gouverner seule et de réduire les Jacobins à l'impuissance en paralysant les Sociétés populaires.

Les héritiers des crimes de Robespierre et de tous les conspirateurs que vous avez terrassés, dit-elle au peuple

(i) Discours prononcé par le représentant du peuple Boisset, U la iéance de la Société populaire d'Autun, le 25 venJémairc an III de la Rép. fr. une et Indivisible. Clialon-sur-Saônc, an III, 8 p. ia-8. — Ph. L. D.

français (adresse du 1 8 vendémiaire), s'agitent en tous sens pour ébranler la République, et, couverts de masques différens, cherchent à vous conduire à la contre-révolution à travers les désordres et l'anarchie.

Tel est le caractère de ceux que l'ambition pousse à la tyrannie. Ils proclament des principes, ils se parent des sentimens qu'ils n'ont pas ; ils se disent les amis du peuple, et ils n'aiment que la domination; ils parlent des droits du peuple, et ils ne cherchent qu'à les lui ravir.

Français, vous ne vous laisserez plus surprendre à ces insinuations mensongères...

Qui doit établir la loi? Le peuple seul, par l'organe des représentans auxquels il a délégué ce pouvoir. Aucune autorité particulière, aucune réunion n'est le peuple; aucune ne doit parler, ne doit agir en son nom... (i).

Tel fut le prélude du décret du 25 vendémiaire an III, sur la police des Sociétés populaires. Ce décret, funeste à la cause jacobine, défendait aux sociétés de correspondre entre elles, de produire des pétitions ou adresses faites en nom collectif, et les forçait à Tépuration par la fourniture trimestrielle d'un tableau de leurs membres. Boisset seconda les vues de la Convention, en recommandant aux agents nationaux, par son arrêté du 10 brumaire (3i octobre), art. III :

D'épurer les sociétés, de manière à ce qu'elles remplissent le but que s'est proposé la Convention nationale, celui d'en chasser les ém-issaires de Piit et de Cobourg, les

(i) Hist. pari, de la Bévol. de Bûchez et Roux, t. XXXVI, p. 126.

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