‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 2)Chapitre 233 sur 254 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

A sept heures du matin, la générale sera battue dans tous les quartiers.

A neuf heures du matin, la force armée s'assemblera au Champ de Mars avec tous les individus devant assister à la fête.

A neuf heures et demie, la musique militaire avec un détachement de la force armée viendra sur la place d'Armes (i) pour accompagner les autorités constituées au Champ de Mars.

A dix heures du matin, la marche civique commencera et parcourra les quartiers suivans(2) : Faubourg de Lyon, rue Barneveldt (rue Lalande), place Jemmapes (du Greffe), rue Brutus (de l'Etoile), rue Guillaume Tell (des Cordeliers), rue de la République (du Gouvernement), rue Fraternité (des Bons-Enfants), rue Mably (Prévôté), de la Révolution (des Halles), place Marat (places d'Armes), rue de la Fédération (Crèvecœur) et Champ de la Fédération (place du Bastion). Dans la marche civique, la garde nationale sera sous les armes ; une partie de la compagnie des canonniers ouvrira la colonne, et l'autre partie la fermera avec la gendarmerie nationale.

Au centre de la colonne, des citoyens porteront un trophée dont l'ensemble offrira les attributs militaires, le plan géographique de la république et les instruments de mathématiques à l'usage des ingénieurs militaires.

Ce groupe sera précédé des invalides et suivi du bataillon de l'Espérance. A la droite et à la gauche du trophée, des danseurs et danseuses s'occuperont à faire des couronnes civiques pour en orner le trophée qui sera déposé sur l'autel de la patrie.

(i) Le nom révolutionnaire de place Marat, qu'on verra plus loin, n'avait pas complètement supplanté l'ancien. (2) Nous mettrons entre parenthèses les noms actuels.

Le trophée sera ceint d'une inscription portant ces mots : AUX ARMÉES ! L'on placera un canon à chaque angle de l'autel, pendant qu'un administrateur (le maire) fera un discours au peuple assemblé, où il témoignera les sentimensde la reconnoissance dont nous devons être pénétrés pour nos frères, qui nous ont délivrés des hommes qui vouloient nous enchaîner. «

Après ce discours, on brûlera des parfums sur l'autel de la patrie, et l'encens y sera versé à la mémoire de ceux des défenseurs qui ne sont plus.

L'allégresse générale pour les succès de nos armées s'exprimera par un ballet et par des danses champêtres autour de l'autel de la patrie.

La marche civique, toujours précédée d'une musique guerrière, se rendra ensuite dans le même ordre au temple de la Raison, où on s'occupera de la lecture des loix, où il se prononcera des discours analogues à la fête ; il y sera chanté des hymnes patriotiques, et sur les trois heures du même jour, il y aura des danses champêtres au Mail (i).

Pour rendre cette fête plus patriotique, le Conseil général de la commune invita les citoyennes à porter la cocarde tricolore en leur rappelant qu'aux termes du décret du 21 septembre lygS (vieux style), les femmes qui ne la porteraient pas seraient punies de huit jours de prison et, en cas de récidive, réputées suspectes (2).

(i) Registre de la commune de Bourg, séance du 27 vendémiaire an 111 (i8 octobre 1794).

(2) Registre des proclamations, 29 vendémiaire an III.

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