CHAPITRE IX
Réhabilitation des stippliciés Viiy et Perret. Pourquoi les familles des suppliciés de Meillonnas, ^allerdier, Grumet et autres ne peuvent obtenir la même faveur. — Reconstruction du clocher de Notre-Dame et transfert de la pyramide Marat ; inscriptions nouvelles. — Suppression du club des Jacobins de Paris ; adresse de la commune de Bourg à la Convention. — Notre compatriote. L'académicien Michaud ; son discours républicain à la Société populaire de Bourg, le S frimaire an III ; il peint énergiquement les crimes de la Terreur et dit que l'impunité amènerait la guerre civile.
Si les Terroristes étaient coupables, Tinnocence des suppliciés, leurs victimes, devait être proclamée. Les familles de ces martyrs demandèrent la réhabilitation de leur mémoire et la restitution de leurs biens. Boisset, tout disposé à leur rendre justice, voulut que la réparatiçn fût éclatante pour que le crime parût plus odieiix. Il motiva donc avec le plus grand soin les deux arrêtés qu'on va lire. L'un concerne M. Vuy^ qui monta d'un pas ferme l'escalier de la mort ; l'autre, M. Perret. qui fut sacrifié à l'ambition de Ghaigneau.
Boisset, Représentant du peuple.^ etc.
Vu la lettre à lui e'crite du Petit St-Bernard, le 8 fructidor, par le citoyen Vtiy fils, sergent-major au 4^ bataillon
de l'Ain, par laquelle il demande que les pièces, s'il en existe aucunes, qui ont servi au jugement de son père, soient revise'es, que sa'me'moire soit réhabilitée, et que la propriété des biens qu'il a laissés à sa famille lui soit rendue ;
Vu l'adresse h lui faite par les citoyens de Bourg assemblés en société populaire, du 16 vendémiaire, par laquelle, en rendant hommage aux vertus morales et civiques du citoyen Vujy père, qu'ils annoncent avoir été une des victimes immolées à la barbarie des intrigans qui ont dominé la commune de Bourg, ils demandent que sa mémoire soit réhabilitée, et que sa famille soit réintégrée dans la médiocre fortune qu'il a laissée ;
Les autorités constituées ouïes sur la conduite morale et politique du citoyen Vuy père ;
Et d'après le témoignage authentique que rendent unanimement à sa mémoire tous les citoyens de Bourg qui s'expriment à son égard ;
Considérant que le citoyen Vuy père étoit avant la révolution un de ces hommes que les vertus, les talens, l'affabilité et l'aménité rendoient cher à ses concitoyens, qui a vu naître l'aurore de la révolution, qui s'en est toujours montré un des plus zélés partisans; que, par une suite de l'estime qu'il avoit méritée de ses concitoyens et du patriotisme qu'il n'avoit cessé de professer, il avoit été élevé à la place d'administrateur du district de Bourg, où il n'a fait qu'acquérir de la confiance par son dévouement à la chose publique et son travail assidu et forcé ; que son amour pour la patrie et la liberté l'a porté à faire enrôler son fils unique pour lors âgé de seize ans dans un bataillon du département de l'Ain pour aller combattre les tyrans coalisés; que ce don précieux fait à la patrie a été suivi d'une infinité d'autres; que sa destitution n'est que l'ouvrage de ces hommes pervers qui, voulant cumuler sur