CHAPITRE IX
sion de procès criminels portant confiscation de biens, jugés pendant la révolution, était formellement interdite. Avant le décret, M""^ de Meillonnas, veuve de Tintrépide officier de dragons qui faillit mettre le bourreau à sa place (voir le dernier chapitre du tome IV), s'adressa cependant à Boisset pour obtenir la réhabilitation de son mari et la restitution de ses biens ; mais sa demande, appuyée de treize pièces justificatives, parvint au représentant quand cessait sa mission ; il ne put que la transmettre à son successeur avec ces mots :
Renvoyé au représentant du peuple Tellier pour prendre en considération la demande de la pétitionnaire, dont le mari probe et vertueux a été une des victimes de l'oppression, et dont la veuve mérite les égards et la justice du représentant d'un peuple libre.
Fait à Bourg le 17 frimaire, l'an trois de la république, etc.
Tellier et son collègue Richaud invoquèrent nécessairement le décret du 22 frimaire pour écarter la réhabilitation. Ils ordonnèrent toutefois la levée des scellés et du séquestre, à la condition que la pétitionnaire n'userait du mobilier que sous inventaire et ne jouirait des biens séquestrés que jus- [ju'à concurrence de ses droits dotaux (i).
(i) Arrêté du 6 pluviôse an III, daté de Lyon, et transcrit sur le regisre des arrêtés des représentants du peuple.
M"» de MeilJonnas, veuve avec deux enfants, se remaria quelques anlées après avec un ingénieur, M. Koly de Montgazon.
Nous voyons sur le registre municipal de Bourg, séances des 25 et 26 vendémiaire, que les père et fils du supplicié Balleydier voulurent, ainsi que les frères et sœurs du supplicié Jean-Marie Grumet^ faire proclamer Tinnocence de ces deux victimes, et que le Conseil général de la commune proposa leur réhabilitation dans les termes les plus élogieux. Le registre du Comité révolutionnaire, séances'des 1 1 frimaire et 14 nivôse an III, mentionne aussi deux projets de réhabilitation en faveur des suppliciés Jacques- Anselme Perruquet- Bévy et Marie- Agricole Marron-Belver- H est probable que les représentants firent à ces demandes le même accueil qu^à celle de M"^® de Meillonnas.
Le troisième des arrêtés, à reproduire ici d'après le chapitre précédent, ordonne la restauration du clocher de Notre-Dame et le déplacement de la pyramide Marat. Nos concitoyens le liront volontiers :
Au NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
Liberté. Égalité.
BoissET, Représentant du peuple^ etc.,
Vu la pétition des citoyens de la commune de Bourg et particulièrement de la société populaire de cette commune, tendant à demander la restauration du temple consacré aux fêtes décadaires, arrête : i» que le clocher sera démoli jusqu'à la corniche de l'ordre supérieur ; 2» que l'horloge
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