‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 2)Chapitre 238 sur 254 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

resiation dudit Perret; — une autre réclamation en faveur dudit Perret adressée au représentant Albitte à la même époque par la Société populaire de Neuville-sur-Ain, approuvée par le conseil général de la commune dudit lieu ;

Vu les attestations de plusieurs autres communes du canton de Pont-d'Ain qui toutes certifient du patriotisme, de la moralité dont le malheureux Perret a constamment donné des preuves multipliées ;

Vu enfin la réclamation signée individuellement par le peuple en masse de la commune de Bourg qui tous appuyent la pétition de la veuve Perret et cautionnent de plus fort le civisme constant et bien prononcé de son mari, lequel, ajoutent-ils, est mort victime de l'intrigue et de l'ambition de la horde sanguinaire qui a failli entraîner la ruine de la République ;

Les autorités constituées ouïes sur la conduite morale et politique du citoyen François Perret, et d'après les témoignages authentiques que toutes ces autorités ont donnés et que rendent unanimement à sa mémoire nonseulement les citoyens de la commune de Bourg, mais encore tous les habitans du canton de Pont-d'Ain, qui sont venus m' exprimer leurs regrets sur la perte de ce brave et vertueux citoyen, qui avoit à juste titre mérité leur confiance et leur estime générale;

Considérant que le citoyen Perret étoit avant la révolution un de ces hommes rares que les vertus, les talens, le zèle, l'activité et l'aménité rendoient cher à ses concitoyens, que dès l'aurore de la révolution il s'en est montré l'ami chaud et le défenseur infatigable ; que, par suite de son dévouement et de la confiance qu'il avoit justement acquise, il avoit été d'abord élu membre du directoire du district de Bourg, ensuite proclamé juge de paix du canton de Pont-d'Ain, successivement administrateur du con-

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seil du département, et enfin receveur des domaines et biens nationaux, cette dernière place malheureusement convoite'e par des intrigans ; que dans toutes ces places de confiance il a mérité de plus en plus l'estime de tous ceux qui l'ont connu ; qu'il n'a cessé de déposer sur l'autel de la patrie des offrandes civiques ; que sa mort n'est que l'effet de la haine, de la cupidité et de l'intrigue de ces hommes atroces qui, voulant cumuler sur leurs têtes toutes les places, ont cherché à en écarter ceux qui, par leurs lumière et leur probité, pouvoient leur porter ombrage et enlever de dessus leurs figures le masque du patriotisme dont ils se couvroient pour abuser les citoyens crédules ou foibles ;

Considérant enfin qu'il appartient à une grande et généreuse nation de rendre à la mémoire d'une victime de la cruauté la justice que réclame en sa faveur le cri de tout un peuple et à sa famille le foible soulagement de jouir du peu de fortune qu'il a laissée, arrête :

Art. I". — La mémoire du citoyen François Perret^ ci-devant receveur des domaines et biens nationaux, est réhabilitée .

(Les autres articles comme à l'arrêté précédent.)

Fait à Bourg le dix brumaire, l'an trois de la République, une, indivisible et démocratique.

BOISSET (i).

Le registre auquel nous empruntons ces deux arrêtés ne contient pas d'autres réhabilitations. Un décret du 22 frimaire an III retint sans doute les pétitionnaires ; on ne permit pas de donner suite à leurs demandes ; par ce décret, toute révi-

(i) Registre des arrêtés des représentants du peuple.

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