‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 2)Chapitre 242 sur 254 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

(t. III, p. 338) : Ici les fédéralistes ont brûlé l'effigie de Marat. — Peuple ! que ton erreur te serve a jamais de leçon !

Les quatre plaques de marbre portant ces nouvelles inscriptions sont aujourd'hui au musée de la ville. Sur Pun des marbres la gravure n'est pas achevée, indice que la pyramide Marat ne resta pas longtemps au Bastion et que ses matériaux ont pu entrer dans la pyramide Joubert, achevée beaucoup plus tard, comme nous Pavons établi ci-dessus, ch. vi de la XVP Epoque.

La jeunesse dorée jointe aux Thermidoriens, vint en aide au décret du 25 vendémiaire pour écraser les Jacobins de Paris. Elle les harcela, les hua ; elle ameuta le peuple contre eux. Des troubles s'ensuivirent, et finalement un décret du 22 brumaire ferma Tantre de la révolte. Pour obtenir cette suppression de la Société mère, le député Rewbell dit à ses collègues :

Où la tyrannie s'est-elle organisée ? aux Jacobins. Qui a couvert la France de deuil, porté le désespoir dans les familles, peuple la république de bastilles, rendu le régime républicain si odieux qu'un esclave, courbé sous le poids de ses fers, eût refusé d'y vivre ? les Jacobins. Qui regrette le régime affreux sous lequel nous avons vécu? les Jacobins. Si vous n'avez pas le courage de vous prononcer en ce moment, vous n'avez plus de république, parce que

VOUS avez des Jacobins. Quand même la Convention ne sentirait pas la nécessité de s'affranchir de leur joug, elle ne pourrait les soutenir : l'opinion des habitants s'est trop énergiquement prononcée en les chassant deux fois de leur salle (i).

La suppression des Jacobins valut à la Convention une superbe adresse du Conseil général de la commune de Bourg :

Mandataires du peuple français,

Le vaisseau de l'État, trop longtemps agité, périssoit insensiblement; le naufrage étoit inévitable. La liberté outragée disparoissoit du sol de la France, et nous reprenions les fers de la tyrannie la plus atroce. En pilotes habiles et expérimentés, vous vous êtes élancés à travers les écueils et les dangers; vous avez d'une main hardie repris le gouvernail, et tout est rentré heureusement dans le port. . . .

Les nouveaux Jacobins, oubliant leur institution primitive, avoient mis l'assassinat et les massacres à l'ordre du jour. Dirigés par le tyran Robespierre, ils avoient couvert la République d'un voile funèbre. Cette faction liberticide vouloit anéantir la représentation nationale ; elle avoit, dans les départemens, des agens dont les crimes et l'immoralité assuroient les succès. C'est ainsi qu'ont péri des milliers d'innocentes victimes; c'est ainsi qu'on seroit parvenu à tout renverser, à tout détruire, si vous n'aviez arrêté ce torrent dévastateur.

Vous les avez dispersés, ces dominateurs audacieux qui osoient vous menacer du réveil du lion, et qui vouloient faire un rempart de leurs corps a Carrier. Ne souffrez plus cet amas de factieux dont les discours incendiaires n'étoient

(i) Hist. de France depuis l'assemblée des notables^ t. IV, p. 2^ 7» édition.

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