‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 2)Chapitre 29 sur 254 · CHAPITRE II. 2,g · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. 2,g

forcée par ses parens à faire des vœux qu'elle n'avoit prononcés que de bouche, que son cœur lui dictoit le contraire.

Le citoyen maire a ensuite témoigné à l'assemblée combien les autorités constituées étoient satisfaites de voir la généralité des citoyens assister avec zèle et empressement à l'intéressante fête qu'on célèbre, et des marques non équivoques qu'ils ont données de l'hommage qu'ils r^uident au culte de la Raison et aux grands principes des républicains, et l'assemblée a été dissoute.

Le Conseil général, ouï le substitut de l'agent national de la commune, arrête, à l'unanimité, qu'il témoigne sa plus vive satisfaction au citoyen maire de l'ordre et de l'intérêt que la fête du décadi a présentés à tous les amis de la liberté, et qui sont surtout dus à son zèle et à son activité.

Arrête que la présente sera annexée au registre des délibérations, qu'elle sera imprimée en format in-S», et qu'extrait en sera adressé au représentant du peuple Albitte et aux autorités constituées.

Fait au Conseil général de la commune de Bourg régénéré, le 3o pluviôse an 2 de la République une, indivisible et démocratique.

Pour extrait : Pâté, secrétaire-greffier (i).

Le répertoire municipal, très complaisant pour le maire, nous a conseryé quelques mots de son discours.

(i) 8 p. in-8. — H. Gloria.

Un exemplaire est annexi^ au registre municipal de Bourg, séance du !••• ventôse au II. Le J. Rép. d. Rh. et L. a reproduit le même récit dans son n» 3o.

3o SEIZIÈME ÉPOQUE.

Le citoyen Albant, maire de la commune, lisons-nous sur ce registre, toujours animé du feu sacré de la patrie, a témoigné, au nom du peuple, soit aux orateurs soit aux auditeurs, combien était grande la satisfaction des magistrats de voir dans cette quatrième fête de décade Pesprit public se montrer à la hauteur des circonstances révolutionnaires et faire triompher le vrai républicanisme et le sans-culottisme. « Les femmes, a-t-il dit, d'une « ci-devant caste privilégiée, en prenant part à nos (( fêtes (et pour la première fois j'en vois plusieurs « aujourd'hui avec plaisir), ces femmes ne s'abais- « sent plus en se mêlant avec nous; elles s'élèvent « au contraire à la hauteur du peuple en sortant ce du marais de leurs préjugés ; elles rendent un « premier hommage à la République et à la Rai- « son. )) Il annonce que les ex-religieuses qui venaient d'abjurer paraîtraient à la première décade à la tribune pour répéter leur serment républicain. La décade a fini dans la joie.

Les dames de la ville, qui avaient jusque-là témoigné par leur abstention leur répugnance pour le culte de la Raison, ne s'étaient point rendues de leur plein gré à la quatrième décade. Le maire Albant avait exigé leur présence à la décade comme à la promenade du Bastion, en les interpellant grossièrement : « Si tu ne vas pas à la décade, leur disait-il, et au Bas-

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