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CHAPITRE II

Liberté, Égalité.

Au NOM DU PEUPLE FRANÇAIS,

Albitte, Représentant du peuple, etc,

Considérant que, dans un département frontière et dans une commune où l'aristocratie et le fédéralisme ont jeté des racines profondes, il est important que les vrais patriotes soient munis de leurs armes ;

Arrête que les armes seront rendues par le conseil général de la commune de Bourg régénéré aux citoyens dont le patriotisme est reconnu, à la charge par eux de faire leur déclaration sur le registre de la municipalité conformément à la loi.

En conséquence l'arrêté du représentant Gouly demeure sans effet pour le présent.

Belley, le 2 ventôse, an 2 de la République une, indivisible et démocratique.

Albitte (i).

Pendant qu' Albitte était à Belley, Vauquoy et Convers, escortés de sept hussards, parcouraient la Bresse pour en extirper le fanatisme. Voici ce que nous lisons sur le manuscrit de M. de Lateyssonnière :

Le 3 ventôse an 11, V. et C. étoient à Val-Libre (Saint- Trivier-de-Courtes). Ils donnèrent à leur hôte un bon sur la caisse du séquestre pour le payer de l'avoine que leurs chevaux avoient mangée. Ils chassèrent vingt-quatremodérés de la société populaire et visitèrent trois communes voisines. Dans leur rapport à Albitte, ils annoncèrent

(i) Registre municipal de Bourg, séance du 8 ventôse an II.

(écoutez ceci) qu'il étoit très-urgent qu'ils parussent pour imposer silence aux fanatiques, etc. Les églises étoient encore décorées 4c tous les signes du fanatisme ; les officiers municipaux, comme des machines, restoient dans l'inaction.

V., accompagné de quatre braves sans-culottes du Val- Libre, a détruit les autels, brûlé les saints, dégarni les sacristies, et mis en arrestation un maire qui s'avisoit de blâmer sa conduite et qui mettoit les femmes dans le cas de l'injurier et de s'attrouper.

Il a aussi arrêté une religieuse quifaisoit le métier d'institutrice.

V. et C. disent qu'à Pont-de Vaux ils n'ont emporté que des malédictions, car les patriotes y sont « comme endormis par le style de Deydier. »

Ils vont à St-Julien dit Unité-sur-Rejrssouze (i) ; ils sont très-contens de la commune et du comité ; patriotes enragés, les citoyens ne respirent qu'après le moment d'être parfaitement libres et dégagés de tous préjugés. Le clocher est à bas ; l'église y sera bientôt.

Jayat très-patriote ; déjà le clocher a disparu.

A Montrevel, ils pérorent les sans-culottes et font peur aux autres.

A Pont-de- Vaux ils visitent la maison où les religieuses étoient emprisonnées ; ils les reconnoissent incurables dans leurs principes ; « il sera fort difficile d'en faire quelque chose parcequ'elles sont vieilles. »

(i) Les novateurs de 1793 ne voulaient pas plus de saints dans les noms de lieux que dans le calendrier, Saint-Trivier-sur-Moignan fut appelé Pont-Moignan. Les noms historiques les offusquaient aussi ; Coligny fut remplacé par Beau-Coteau.

Ces niaiseries républicaines se propagèrent. Lons-le-Saunier devint Franciade ; Saint- Claude, Condat-Montagne ; Saint-Amour, FranC' Amour: Saint-Julien, Julien-le- Guerrier,

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