‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 2)Chapitre 39 sur 254 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

teur de nouvelles alarmantes. Il a partout insulté les vrais patriotes, notamment le jour de l'orgie du Temple de la Liberté en tenant des propos et en chantant des chansons liberticides ; on le soupçonne d'avoir recelé des émigrés.

Jenin-Montègre (i), ci-devant subdélégué, ci-devant privilégié, ayant la vente exclusive du sel de Belley. lia quitté la France en 1790 pour aller en Espagne, emmenant avec lui le nommé Lafond. Plusieurs assurent qu'il étoit au camp de Jalès. Ennemi des Sans-Culottes, il cherchoit à les anéantir. Il a refusé de passer le Rhône pour aller contre les Piémontais. On croit que son frère le cadet étoit un des principaux meneurs de la contre-révolution de Lyon. Sa famille étoit attachée à la maison du ci-devant comte d'Artois et à celle du ci-devant comte de Brissac. Il n'a pas eu un seul instant la confiance du peuple.

Roux Claude père, ex-avoué, ami de Mollet, Dumolin, Brillât-Savarin, membre de la Société dite de la Liberté^ n'a jamais été bien vu par les Sans-Culottes et s'est enrichi parla chicane.

Peysson Jean-Baptiste, marchand, patriote en apparence, ayant quitté les Sans-Culottes dans les momens de crise pour se jeter dans la Société dite de la Liberté. Il a beaucoup gagné aux fournitures des différentes levées de volontaires.

Brillat-des-Terreaux, homme de loi, adjudant général de la légion, frère de Brillât-Savarin, professant les mêmes principes. Il a été dénoncé à la Société des Sans- Culottes pour avoir, le jour de l'orgie, frappé un de ses

(i) Père ou oncle du docteur Jenin de Montègre, mort de la fièvre jaune à l'île d'Haïti, en 1818, pour s'être jeté à l'eau tout en sueur, au secour» d'une femme qui se noyait.

membres, en lui disant : « Est-ce un de tes chefs qui t'envoie ?» lia toujours traité les Sans-Culottes de scélérats et de brigands.

Jagot Pierre, marchand à Neyrieu, commune de Belmont. En aoust dernier, il a été lieutenant de la garde nationale. Il disoit publiquement aux soldats : « Vous êtes de

f. bêtes de monter la garde; faites-le ou ne le faites

pas, aussi bien votre b.... de constitution ne tiendra pas.» Il a discrédité les assignats. C'est un aristocrate prononcé qui a toujours cherché querelle aux patriotes. Quand on publia la loi relative au partage des communaux ; « le

premier b , dit-il, qui votera pour le partage, il faut le

pendre ou l'assommer. »

Garin Thomas, notaire et ex-contrôleur des actes, actuellement maire ; a été commandant de bataillon. A Tépoque de l'alerte de l'entrée des Piémontais, il est monté à cheval et, lorsque son bataillon a été en marche, il lâcha pied et se cacha. Aristocrate prononcé, grand fédéraliste, riche égoïste et accapareur de bled (i ).

Nous nous arrêtons dans ces extraits. Les notes qui suivent imputent à peu près les mêmes griefs d'aristocratie et d'incivisme aux détenus ci-après : Soland^ ouvrier de santé, — Blanchard, homme de loi, — CuîleUChirol, homme de loi, — Duffort^ huissier, — Louis Besson, ci-devant greffier du tribunal du district, — Tiburce Fiard^ ci-devant clerc de procureur, — Béatrix^ ex-conseiller du ci-devant bailliage, — Antoine Genêt, ex-pro-

(i) Registre du Comité de surveillance de Belley. — Ct<= D.

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