Tome V
place. C'était un homme inoffensif ; on ne put pas même Faccuser franchement de fédéralisme (voir au dernier chapitre du précédent volume les notices envoyées aux juges). Mais sa position administrative était convoitée par Chaigneau, sans-culotte de première classe, et Albitte en disposa, sur la demande de la Société populaire, « en faveur de Chaigneau, timbreur, père de famille, pauvre et chargé d'enfants, et qui réunit aux connoissances essentielles pour remplir cette fonction importante la chaleur et le zèle d'un vrai patriote (i;. »
Albitte signa cette nomination à Belley, le 3 ventôse, le jour qu'il dirigea sur Bourg les quatorze susjî)ects qu'il ne put envoyer à Lyon. Nous avons dit qu'il partit lui-même pour cette ville et qu'il eut avec ses collègues une conférence inutile sur le décret du 28 pluviôse.
De Lyon il se rendit à Trévoux, où il inaugura, le 6 ventôse, son système de mise en liberté moyennant finances, nouvelle manière de voler, de ruiner les citoyens au nom de la République.
Deux arrêtés identiques, datés du 6 ventôse et contenant deux listes différentes de détenus rançonnés, sont sous nos yeux. Donnons d'abord le texte unique ; nous transcrirons ensuite les deux listes.
(i) Arrêté consigné sur le registre du Directoire de lAin, p. 23 1.