CHAPITRE V
qu'en abattant une tour forte, en nivelant deux autres jusqu'aux constructions inférieures, le corps de bâtiment pouvoit être conservé. Cette démolition partielle commença le même jour et dura jusqu'au 9 germinal ; elle coûta 2943 livres.
Le 19 pluviôse an II, R.-M., agent national du district de Bourg, se rendit à Corgenon^ commune de Buellas. Les habitans ne voulant pas démolir le château, il mit en réquisition ceux des communes voisines pour détruire le repaire du tyran d'Apchon ; il fît venir quarante maçons ou charpentiers de Bourg et dépensa 6524 livres pour cette inepte dévastation ; le prétendu tyran ne demearoit jamais dans ce château à moitié ruiné par le temps (i).
Le château de Genoud fut en partie démoli. Le citoyen Loppin (le comte de Montmort), propriétaire de ce château, étoit alors en prison à Mâcon. Il donna une espèce d'approbation par écrit à cette démolition qui dura 94 jours, et il consentit à la distribution qui devoit être faite aux pauvres des matériaux qui en proviendroient ; ce qui ne fut pas exécuté. Les journées d'ouvriers coûtèrent 2457 livres. Dans une lettre au district, l'agent national de Certines annonça qu'il falloit enlever de ce château « une tapisserie analogue à l'histoire de Don Quichotte » et demanda « s'il falloit effacer cette tapisserie ou la faire conduire au district et la faire remplacer par un objet analogue à la constitution. »
Dans les notes sur la démolition du clocher de Druillat, on voit que les tuiles du clocher furent vendues 14 livres, et le mobilier de l'église 82 livres.
(i) Nous avons dit incidemment, au !•■• Ch. de ce volume, qu'un charpent.er pciit dans la démolition des tours de Corgcnon. (Let ace, dent, survenu des les premiers jours, ucgoûta les ouvriers dont il fallut augmenter le salaire.
Les deux pavillons, tours ou tourelles du Thioudet, qui appartenoit à M. de Seyturier père, dont les biens étoient séquestre's, furent rabaissés au niveau du toit du bâtiment principal.
Le château de Beaurepaire^ qui est dit dans le procèsverbal avoir appartenu au supplicié Brac Laperrière, fut démoli, je crois, entièrement {ij.
Les tours et tourelles du château de Rosy furent démolies (2).
A Rignat^ on démolit le clocher et le château (3), la chapelle Louvat, des colombiers qui appartenoient à M. Boisson du Noyer, supplicié. La vente des matériaux de toutes ces démolitions ne produisit que i.o53 livres (4).
R.-M., agent national du district de Bourg, se transporta le 7 nivôse à Bohas et reconnut que le château ne pouvoit être mis au nombre des châteaux de luxe et des châteauxforts « soit par son peu de splendeur, soit par la petite quantité de bâtimens qui n'annoncent nullement la superfétation et l'inutiUté. » Ce rapport étoit un acte de faveur à cette époque ; il falloit toute l'adresse et l'activité du propriétaire pour l'avoir obtenu. Cependant les quatre tours du château furent condamnées. Le 3 ventôse an II , procès-verbal des commissaires P. et P., envoyés pour examiner ce qu'il convenoit de démolir, au château de Bohas. Ils proposèrent la démolition du portail de l'entrée qui « s'élève au-dessus des deux bâti- Ci) Il en reste une tour carrée.
(2) Deux tours ont été relevées par M. de Silans.
(3) Il ne fut que démantelé.
(4) En général, les commissaires et les habitants achetaient à vil prix les matériaux à leur convenance ou s'en emparaient gratuitement. La perspective de cette espèce de pillage encouragea partout les démolisseurs.