‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 2)Chapitre 57 sur 254 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

comte de Loras, supplicié, fut retardée par Tinventaire qui n'était pas encore dressé le 3 ventôse (i).

Le château de Pont-d\iin^ appartenant au marquis de GroUier, aussi supplicié, contenait une bibliothèque précieuse et une collection d'histoire naturelle, que le Directoire de l'Ain fit enlever avant la démolition (2).

Le château de Chenavel fut épargné parce que « la République devait respecter la demeure d'une mère et nourrice (M™^ de Champolon) qui se livrait à Taccomplissement de sa sainte mission. » Mais ce n'était là qu'un prétexte ; le vrai motif, c'est que les premières pierres abattues avaient brisé les vignes qui se trouvaient au pied des murailles et que les vignerons ne voulurent pas perdre leur récolte.

Baron-Challier, passant à I^enave le 1" germinal an IL fit abattre trois tours pendant son dîner.

Rollet-Marat requit, le 14 pluviôse, les officiers municipaux de Péronnas de faire démolir et raser sur-le-champ la chapelle de Seillon et, le 2 1 pluviôse, il fit arrêter et conduire à la prison des Claristes l'agent national de Péronnas qui n'avait pas encore fait exécuter son ordre (3).

(i) Ce château est aujourd'hui habité par M. de la Forêt.

(2) Ce qui reste de cet ancien château des ducs de Savoie sert d'asile aux vieux prêtres du diocèse. La belle tour de l'escalier a ctc conservée.

(3) Registre de l'agent national de liourg.

Les renseigaements que nous venons de produire suffisent pour donner une idée de Pexécution des arrêtés d'Albitte contre les châteaux et les clochers. Leur démolition ou décapitation a été si générale dans TAin qu'il serait impossible de nous arrêter à tous les actes de vandalisme. Nous avons dit avec quel zèle RoUet-Marat secondait les vues du proconsul. En sa qualité d'agent national du district de Bourg, ayant la haute main sur ses collègues des autres districts, il communiquait à tous sa rage dévastatrice. Voici, par exemple, comment le district de Trévoux, agissant sous son inspiration, stimulait les municipalités dombistes, .le 3o pluviôse an II :

Plusieurs municipalités retardent la démolition de leurs clochers sous différents prétextes ; les uns prétendent qu'une cloche est nécessaire pour assembler les habitants de la commune, en diverses occasions ; les autres demandent par qui seront payés les frais de démolition ; il faut commencer par exécuter l'arrêté du représentant du peuple de point en point ; les mesures révolutionnaires ne souffrent point de retard .

L'oreille républicaine ne doit plus être frappée par le son des cloches ; elles furent inventées par les prêtres pour étourdir le peuple et le disposer à l'esclavage.

Les instruments militaires élèvent l'âme et la fortifient. Que chaque commune se pourvoie d'un tambour et d'un fifre.

Ils seront utiles à plus d'un usage; en cas d'alarme, ils

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