CHAPITRE VI. gi
ble plus sérieux : la fontaine aurait été « parachevée avant Fhiver 1794, » tandis que le monument Marat était encore debout sur la place d'Armes ou sur la promenade du Bastion. Mais il n^est pas démontré que la fontaine fut dès lors pourvue de sa pyramide. Il résulte, au contraire, 1° d'un mémoire présenté par Parchitecte Cochet au mois de germinal an III, que la fontaine n'était pas achevée à cette époque, c'est à dire, en mars 1796 ; 2° du passage suivant de la Statistique de l'Ain éditée en 1808, que la pyramide Joubert ne fut ordonnée qu'en 1799 et n'était pas achevée en i8o5. Voici le passage en question :
Le corps législatif décréta en 1799 qu'un monument (i) seroit érigé à la gloire de ce brave général, dans la ville de chef-lieu du département dont il étoit natif. Le monument fut commencé par les soins de l'administration municipale; mais la somme qui y avoit été destinée par le Gouvernement, n'ayant pas été payée par les malheurs des temps, l'ouvrage étoit resté imparfait. Sa Majesté l'Empereur, instruite à son passage à Bourg en i8o5, que ce projet n' avoit point encore reçu toute son exécution, fit donner aussitôt les fonds nécessaires {20,000 fr.).
Ce monument placé à l'entrée de la ville, du côté de la route de Lyon, consiste dans une fontaine surmontée d'une pyramide de pierre, portant trois inscriptions. ... (2).
(i) Le rapport présenté par Mathieu le 17 fructidor an VIII, au nom d'une commission dont Groscassand-Dorimond faisait partie, portequ'une pyramide sera élevée au chef-lieu de l'Ain en l'honneur du héros que la République regrette, et qu'à cet effet une somme de 5o,ooo fr. sei-a mise & la di>position du ministre de l'intérieur.
(2) Statistique générale de la France. Département de l'Ain, p. 396.
Une quatrième a sans doute été ajoutée depuis lors ; il y en a quatre aujourd'hui, une sur chaque face du piédestal carré portant la pyramide quadrangulaire. La plupart de ces inscriptions sont devenues à peu près illisibles, tant le marbre a souffert de Faction des années.
Celle qui regarde TOrient constate que le monument fut terminé sous Napoléon P% Van quatre de son règne, c'est à dire en 1807, plus de dix ans après la destruction du monument de Marat. Il est donc très possible, très probable que les pierres consacrées à VAmi du peuple ont été employées dans la construction destinée à glorifier le général; on était autrefois plus économe qu'aujourd'hui. Peu importe d'ailleurs que le monument de Challes et de Marat ait eu la forme d'un obélisque ou d'une pyramide et des proportions plus modestes, ses matériaux, plus ou moins retaillés, ont pu entrer dans la fontaine ou pyramide actuelle. Il n'en faut pas davantage pour justifier la légende ; nous la tiendrons pour exacte jusqu'à preuve positive du contraire. (Voir ci-après Gh. ix de la XVIIP Époque.)
Le succès populaire de Dorfeuille dans ses imitations du père Duchesne tenta deux autres affidés d'Albitte, Bonnerot et Millet, se qualifiant de