‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 2)Chapitre 69 sur 254 · CHAPITRE VI. I · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. I

à Bourg par ses deux filles de dix-sept et dix-huit ans qui voulaient être à portée de le voir. L'une d'elles ayant été aperçue dans le jardin d'un cordier près de la Charité, le dénonciateur entra chez le cordier avec deux soldats, qui conduisirent les deux sœurs devant le Conseil général de la commune. Là, on visita leurs portefeuilles et l'on y trouva des scapulaires, des images et des chansons fanatiques. Il n'en fallut pas davantage pour que l'agent national , Blanq-Desisles , les considérât comme suspectes. Sur sa proposition, le Conseil les fit enfermer dans la maison de la Charité. Cinq jours après, le 7 germinal, Rollet-Marat donna l'ordre aux officiers municipaux de Confrançon d'arrêter M™*^ Archimbaud et de l'amener dans la même maison de détention. Ces trois prisonnières, manquant de tout, adressèrent une pétition au district, et le district voulut bien, par un arrêté du 18 germinal, inviter la municipalité de Confrançon à lever les scellés apposés au château de Cornaton et à « en distraire les grains, vins, farines et légumes qui se trouvent sous lesdits scellés ainsi que trois bois de lit, huit paires de draps, six serviettes et les linges et hardes de femmes nécessaires aux vêtements de la femme Archimbaud et de ses filles (i). »

(i) Boisset, par un arrêté daté de Mâcon le 7 vendémiaire an IIF, mit en liberté le citoyen Pierre Archimbaud, sa femme et ses deux filles.

Le général de brigade, Gauthier-Murnand^ dit Cincinnatus, parce qu'il était décoré de Tordre de Cincinnatus, institué par Washington, fut arrêté le 25 ventôse, par ordre de la municipalité de Bourg ; son crime était d'avoir fixé son domicile à Revonnas sans certificat de civisme. Il ne se gêna pas pour dire que les officiers municipaux qui l'avaient mis en état d'arrestation, étaient des brigands et des scélérats. Il avait confiance dans sa haute position militaire et, en eff'et, Albitte s'empressa d'ordonner sa mise en liberté ; il fut élargi le 8 germinal.

Mais les tyrans de Bourg avaient juré sa perte; ils surprirent sa correspondance, quoique envoyée à Paris sous le couvert du directoire de l'Ain. Dans cette correspondance, le général traitait ses ennemis comme ils le méritaient (1). Ceux-ci, se plaignant de ce que le général injuriait des patriotes, le jetèrent de nouveau en prison et le mirent au secret. Cette fois Albitte le laissa dans leurs griffes, desquelles il ne sortit que le 25 floréal par ordre du représentant Méaulle.

Une des lettres interceptées, datée du i3 germinal et adressée au député Gauthier-des-Orcières, cousin du général, contient d'utiles renseignements que nous allons en extraire :

(i) Malgré leur espionnage, une dénonciation de leurs méfaits, datée du 10 germinal, parvint à la Convention. Gouly l'a transcrite dans son Compte rendu^ 3" éà'W., p. 33i.

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