CHAPITRE VII
peaux, Hérault de Séchelles, Tex-capucin Chabot, Bazire, Sahuguet d'Espagnac, Gusman, Deidericksen et les frères Frey. — Danton, conduit au Luxembourg le lo germinal, s'était écrié : « Cest à pareille époque que j'ai fait instituer le tribunal révolutionnaire; j'en demande pardon à Dieu et aux hommes; mais ce n'était pas pour qu'il fût le fléau de l'humanité. » — Camille Desmoulins dit en marchant au supplice : « Voilà donc la récompense destinée au premier apôtre de la liberté ! »
La Société des Sans-Culottes de Bourg applaudit encore à cette nouvelle hécatombe, en votant une adresse à la Convention. Les intrigants flattent toujours le pouvoir, même dans ses actes les plus iniques.
Robespierre, soutenu par Saint-Just et Couthon, s'était élevé sur les cadavres de ses rivaux jusqu'à la toute-puissance. Mais nous le verrons bientôt apprendre à ses dépens que
La roche tarpéïenne est près du Capitole.
On se plaignait de la disette, ce qui n'empêchait pas nos patriotes de faire bombance. Le maire Albant qui, nous le savons déjà, vivait comme un Sardanapale depuis qu'il avait quitté l'enclume et la lime, voulut-il donner une haute idée de son
austérité républicaine et conserver le monopole de la bonne chère ? Voici les motion et rapport qu'il fît à la Société des Sans-Culottes :
Du 5 germinal. — Albant monte à la tribune et demande qu'il soit fait une adresse à la municipalité pour inviter les citoyens à ne pas donner des repas somptueux, comme ils l'ont fait jusqu'à pre'sent, pendant qu'on se récrie sur la disette des subsistances et pendant que le pauvre manque de tout. Cette proposition est vivement appuyée par Chaigneau.
Du 10 germinal. — Albant annonce qu'au mépris des arrêtés du conseil général de la commune qui a proscrit les repas pompeux qui insultent à la misère du peuple, où se consomment, dans un instant où l'on se plaint de disette, des mets qui serviroient à la subsistance de plusieurs jours, des canonniers soldés avoient formé une réunion nombreuse avecjdes femmes dans la maison de Challes et attendoient les mets qu'ils avoient fait préparer chez différents traiteurs de cette commune. La municipalité, instruite de ces préparatifs de gourmandise et de débauche, a fait transporter dans la maison commune tous les mets, qui ont servi à la nourriture des citoyens nécessiteux, a fait séparer le rassemblement fait à Challes, qui n'étoit pas autorisé, et a fait arrêter les mesures de la fête. La Société a applaudi à cet acte de la municipalité qui rappelle aux citoyens l'obligation de la frugalité, de la continence et de l'obéissance aux autorités constituées.
Tandis que le château de Challes était souillé par les orgies de la populace, le méprisable Albant dénonçait au maire de Paris le propriétaire de Challes, bienfaiteur de sa famille^ et, à la séance