‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 2)Chapitre 77 sur 254 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

au service de la cause des émigrés. Leurs vues étaient beaucoup moins patriotiques \ ils voulaient être les maîtres et pêcher en eau trouble.

Le Directoire du département de PAin félicita la Convention par l'adresse suivante, datée du 10 germinal an II :

Représentans du peuple,

Profondément émus par le récit des complots que vous venez encore de déjouer, inviolablement attachés aux principes de l'égalité et de la liberté, fidèles aux sermens que nous avons faits à la République, une, indivisible et démocratique, nous nous hâtons de vous adresser notre profession de foi ; elle est franche, loyale et inébranlable.

Nous ne connoissons d'autre souveraineté que celle du peuple, d'autre pouvoir suprême que celui de la Convention nationale, et provisoirement d'autres constitutions que le gouvernement révolutionnaire.

Représentans du peuple. Comité de salut public, habitans incorruptibles de la Montagne, vous avez sauvé la République. Ce n'est qu'en démasquant et punissant ces êtres ambitieux et perfidement populaires que vous la rendrez florissante. Que le glaive de la loi frappe donc promptement les têtes coupables! Que leur mémoire soit à jamais exécrée, et que leur mort épouvante les traîtres!

Restez à votre poste jusqu'à extinction des ennemis intérieurs et extérieurs de la patrie ; vous serez toujours notre point d'unité, de centre et de ralliement.

Tel est le vœu fortement prononcé des administrateurs du département de l'Ain.

Ça va^ ça tiendra. Vive la République î Vive la Montagne !

Reydellet, président ; Meurier, Martine, Ferréol, FoRON, administrateurs; et Marchand, secrétaire (i).

Les Hébertistes tombés, nos patriotes s'empressèrent de décliner toute solidarité avec eux. Les sociétés populaires, à l'exemple du directoire de PAin, félicitèrent la Convention d'avoir puni les coupables, dont ils semblaient ainsi n'avoir pas partagé les doctrines. Martine, dans celle de Bourg, séance du lo germinal, jeta feu et flamme contre les modérés qui s'efforçaient « d'abuser les citoyens faibles sur le compte des plus chauds patriotes en les leur désignant comme les complices d'Hébert. » Dorfeuille, pour donner le change, séance du i5, invita la Société à surveiller les détenus « de crainte que la ramification de la grande conspiration qui vient d'être découverte ne s'étende jusqu'à eux. »

Quelques jours après la chute des Hébertistes, la Convention décréta d'accusation Danton et ses amis, toujours sous prétexte de conspiration monarchique. Les accusés, parmi lesquels se trouvaient plusieurs Cordeliers, furent jugés du 1 3 au i6 germinal, et quatorze furent décapités le i6 (5 avril 1794), savoir : Fabre d'Eglantine, Lacroix, Danton, Delaunay, Camille Desmoulins, Philip-

(i) Registre du Directoire de l'Ain, séance du lo germinal an II.

Page 1