‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 2)Chapitre 96 sur 254 · CHAPITRE PREMIER. I Sy · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER. I Sy

ciers municipaux. Ils sont innocens et le Comité' de salut public est juste...

Adieu (i), brave montagnard, reçois le baiser fraternel.

Du 21 floréal.

Le citoyen Rollet, Agent national du district de Bourg AU citoyen Jagot, Représentant du peuple, et Membre DU Comité de sûreté générale.

La calomnie poursuit toujours le vrai patriote, celui qui depuis 89 n'a jamais de'vié des principes révolutionnaires, celui enfin qui n'a cessé de lutter contre l'aristocratie et le fédéralisme. Aujourd'hui Duclos, mon ami, vient de me prévenir que ton collègue Gauthier, mon parent, l'avoit instruit de différentes dénonciations, portées contre moi de la part de plusieurs municipalités de mon arrondissement. Elles m'ont dépeint d'un caractère brutal, d'un sang bouillant, peut-être trop révolutionnaire, en cherchant à détruire le fanatisme , qui est encore malheureusement à l'ordre du jour dans les campagnes de ce district. Les décades ne sont pas observées ; les dimanches et fêtes sont partout célébrés avec cette ténacité digne d'un peuple qui ne veut pas sa liberté. . .

On me reproche d'avoir fait incarcérer le citoyen Bouveyron, beau-frère de Groscassand-Dorimond, ex-grand vicaire épiscopal, voici le fait. [Ici Rollet-Marat raconte impudemment comme choses très méritoires son arrestatation arbitraire de Bouveyron et son ignoble persécution de l'ex-grancl vicaire.]

On me reproche encore d'avoir mis en état d'arrestation des maires et agens nationaux près différentes communes,

(1) Expression singulière dans la bouche d'un ennemi de Dieu.

l58 DIX-SEPTIÈME ÉPOQUE.

voici les faits. [Ici le suppôt d'Albitte dit, pour se justifier, que ces arrestations, faites sous les yeux du maître, étaient nécessaires pour activer la démolition des clochers, la descente des cloches et la destruction des châteaux « repaires des tyrans. » ]

Fais-moi le plaisir de souhaiter le bonjour de ma part à Gauthier et à Merlino. Dis-leur de ne pas avoir de moi si mauvaise opinion. Adieu, ménage-toi pour les sans-culottes ; je te recommande nos braves officiers municipaux, ils sont tous bons patriotes.

Du 4 prairial.

RoLLET, Agent national du district de Bourg au citoyen Jagot, Représentant du peuple, Membre du Comité de sûreté générale.

Citoyen,

Gallien, mon ami, vient de me faire part d'une lettre du citoyen Merle, qui annonce que tu as été fâché d'un passage dans ma lettre dernière .• J'embrasse Gauthier et Merlino ; dis-leur de ne pas avoir mauvaise opinion de moi. Certes mon caractère est prononcé. Je n'ai jamais intercédé la protection du citoyen Gauthier; je ne lui ai jamais écrit. Si j'ai ajouté dans ta lettre cette phrase ci-dessus mentionnée, ce n'est ni par faiblesse ni par pusillanimité, ni par lâcheté ; mais en républicain j'ai pu plaisanter un moment, connoissant les sentimens de Gauthier à mon égard ; j'ai éprouvé plus d'une fois son amitié ; il m'en a donné chaque jour des marques par la constance qu'il apporte à me poursuivre et à saisir les momens de me nuire. [Il s'évertue à soutenir cette prétendue plaisanterie ; passons à l'obséquieuse vanterie de son patriotisme et de celui des officiers municipaux.]

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