‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 2)Chapitre 95 sur 254 · CHAPITRE PREMIER. l · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER. l

mes amis, mes frères, travaillez de toutes vos forces ; ne quittez Paris qu'avec eux; ils sont innocens...

Du i5 floréal.

Au CITOYEN MÉAULLE, REPRESENTANT DU PEUPLE.

Le Directoire du district vient de perdre un de ses membres (le citoyen Ryon déce'dé) qui, patriote zélé, a travaillé avec énergie pour le soutien de la République... Nous te demandons avec instance de désigner un citoyen pour le remplacer. Celui que nous te proposons et qui par ses vertus républicaines et ses talens, est digne de remplir ces fonctions d'administrateur, celui en un mot qui peut aider utilement l'administration, c'est le citoyen Dorfeuille. Désigne-le pour remplir la place vacante ; ce choix sera approuvé par les patriotes. . .

Du 14 floréal.

l'Agent national du district de Bourg au citoyen Jagot, Représentant du peuple, Membre du Comité de sûreté générale.

Je suis instruit par le représentant du peuple Albitte que plusieurs dénonciations ont été envoyées contre moi au Comité dont tu es membre. Républicain et sans-culotte, je ne crains pas de rendre compte de ma conduite, et je suis toujours prêt à répondre aux fausses inculpations qui me sont faites par des intrigans et des ennemis déclarés de la Révolution...

Les officiers municipaux de notre commune ont été mandés au Comité de salut public; j'en ignore les motifs, mais je puis t'assurer qu'ils sont tous de vrais sans-culottes et des soutiens zélés de la République....

l56 DIX-SEPTIÈME ÉPOQUE.

Du 21 floréal (i).

Au Représentant du peuple Albitte près l'armée des Alpes.

Bonjour, montagnard Albitte. Comment te portes-tu? Conserve-toi pour les sans-culottes, pour ces frères, dignes de la liberté que tu leur as conquise par ton génie révolutionnaire et par tes sages arrêtés. Loin d'eux, tu seras toujours parmi eux ; ils te bénissent tous. Quelque part que tu ailles, pense à eux quelquefois. Continue ta carrière glorieuse. Aime-nous ; tu as notre confiance. Ah 1 si tous les membres de la Convention imitoient ton exemple, les vrais patriotes ne seroient pas toujours calomniés, dénoncés aux comités.

Les dénonciations pleuvent contre moi. N'importe, j'irai toujours mon train. Tes arrêtés ont été sacrés pour moi ; je les ai fait exécuter avec vigueur, avec sévérité. Tels sont les reproches qui me sont faits et que quelques-uns de tes collègues à Paris travaillent et entassent avec voracité pour me perdre. Je suis en course pour l'installation des autorités constituées que tu as épurées. Le fanatisme et la superstition sont à l'ordre du jour dans les campagnes. Je fais tous mes efforts pour les rappeler aux loix^ aux maximes de la Raison. Mes discours sont infructueux ; j'ai bien de la peine à faire des conversions. Je suis insulté dans mes fonctions, et si je suis contre quelqu'un, je suis aussitôt dénoncé ; mais la vertu, la justice triompheront ; les aristocrates enrageront ei finiront par crever.

Courage, travaille toujours pour le salut de ta patrie. N'oublie pas les vrais patriotes et surtout nos frères offi-

(i) Nous appelons l'aUention sur cette lettre flagorneuse et sur la suivante. L'apôtre de la déesse Raison avoue que ses prédications étaient assez mal accueillies dans les campagnes.

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