‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 3)Chapitre 117 sur 291 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

blique, et qui ne pouvoit être avouée que par des hommes qui soupiroient après sa division ou le rétablissement de la royauté (i) ; 3<» d'avoir agioté sur le numéraire, et d'avoir donné de l'or de Manheim pour de l'or véritable ; 40 d'avoir fait incarcérer le juge de pais, qui l'avoit condamné pour cette affaire, etc., etc. Je lui exprimai mon étonnement de le voir s'enrichir pendant la Révolution, tandis que les patriotes sacrifioient leur fortune à la cause de la liberté ; je lui reprochai d'avoir protégé un négociant égoïste et banqueroutier, qui étaloit un luxe insolent dans son voisinage, au point de se servir ordinairement de bouteilles d'argent, tandis qu'il persécutoit ou laissoit persécuter de pauvres marchands, pères de famille. Desisles convint que mes observations sur plusieurs articles de son mémoire étoient justes ; il ajouta qu'uniquement occupé de défendre la cause du peuple, il n'avoit pu réfléchir ni mesurer toutes ses actions, et que les accusations dirigées contre lui ne l'étoient que par des aristocrates et des modérés qui le craignaient et vouloient le perdre. Je lui répondis que je ne lui retirois pas ma confiance, et que je vculois m'éclairer encore sur son compte, avant de le juger! mais, ajoutai-je, ye ne puis plus vous laisser à la place de maire, et pour ne donner aucun sujet de triomphe à l'aristocratie, je vous place au directoire du département (2).

Pour montrer qu'il ne voulait favoriser ni les nobles ni les prêtres, Gouly prit, le surlendemain

(i) Le nom de Blanq-Desisles ne se trouve pas parmi les signataires de Yadresse de la Société populaire du 2 juin (voir ch. i de la XI* Epoque) ; il tvait sans doute signé l'original, et son nom fut omis par mégarde sur l'iniprimé.

{;:) Supplément au Compte rendu, i« édition, p. 46.

27 frimaire, un arrêté qui les excluait de la compagnie d'artillerie et prescrivait leur arrestation (i).

Le même jour, il ordonna, d'une part, Félargissement de Pierre Lapierre, citoyen de Pont-de- Veyle, qu'il réintégra dans la place de maire; d'autre part, l'incarcération de son dénonciateur, nommé Moreau (2).

Le même jour aussi, la municipalité burgienne, sur l'invitation du représentant, fit transférer dans la maison Bachet les filles et femmes qui étaient détenues aux Claristes sans leurs père ou mari (3).

La ville de Bourg, on ne l'a pas oublié, était divisée en deux sections. Gouly la divisa en trois par l'arrêté suivant :

Au NOM DU PEUPLE FRANÇAIS

Le 27 frimaire, l'an II de la République française, une, indivisible et démocratique.

Nous, Représentant du peuple près le département de l'Ain,

Considérant que le seul moyen de rétablir dans la commune de Bourg-Régénéré la tranquillité publique, qui y a été troublée par les perfides séductions des ennemis de l'indivisibilité de la République, et de détruire la supers-

(i) Compte rendu de Gouly, 3" édition, p. 78.

(2) Idem, p. 81.

(3) Registre municipal de Bourg. 1

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