CHAPITRE IV
géant ; le peuple, à qui rien n'échappe, l'a fort bien observé, et leur rage a augmenté sa joie (i).
L'enthousiasme fut-il aussi chaleureux, aussi général qu'il parut à Gouh^ ? Ce n'est pas probable ; les Belleysiens étaient trop divisés pour se réjouir en masse. Gouly nous dira tout à l'heure (ch. VI) comment la reprise de Toulon fut fêtée à Seyssel.
A Bourg, il y eut, à la salle des spectacles, un bal municipal qui coûta 102 livres et qui dut briller par Tabsence de la bourgeoisie. Les honnêtes Burgiens, tout récemment pillés par l'armée révolutionnaire, n'étaient pas en train de folâtrer.
La Société des Amis de la Liberté et de l'Égalité, contre laquelle le comité de surveillance de Belley s'était permis l'ukase le plus insolent (ch. III, xui*^ Époque , tenait ses séances dans l'église des ci -devant Bernardines, que quatre citoyens avaient achetée. Sans se préoccuper de cette dernière circonstance, Gouly décida, le 00 frimairo, que la Société des Sans-Culottes, trop è. l'étroit dans l'église des ci-devant Ursules, s'installerait dans celle des Bernardines, et, par un f.rrêté du même jour, motivé sur ce que la coexistence de deux sociétés rivales serait une cause
(i) CompterendudQGo\i\y,3'éd.,p. 25.
23o QUATORZIÈME ÉPOQUE.
perpétuelle de troubles, il confirma l'ukase susdit, en supprimant, au profit des « vrais Sans- Culottes, » la société des honnêtes républicains et en défendant à ses membres « de se réunir à l'avenir dans quelque autre lieu que ce soit, à peine d'être regardés comme suspects et traités comme tels (r). »
Le même jour, 3o frimaire an II (3o décembre 1 793', la Société populaire de Montluel fit arrêter seize citoyens, à savoir : Bellin^ administrateur du district ; — Ducret^ ci-devant maire ; — Pélissier fils , procureur ; — Valas^ clerc de notaire; — Vacher^ juge de paix-, — Benoit^ charpentier; — la femme Benoît-^ — Basset dit Montchat^ ci-devant noble; — Devoud^ officier de la garde nationale ; — Lecîerc^ avoué ; — Bertholon^ aubergiste ; — Mignon^ fermier, — Fiard^ — Palisse, — Schiiiaver — et Acher. La plupart furent traduits devant les tribunaux révolutionnaires de Lyon, et cinq y laissèrent leur tête : le ci-devant maire Diicret, — le procureur Pélissier^ — le ci-devant noble Basset dit M ont chat ^ — l'aubergiste Bertholon et le fermier Mignon, (Voir à l'Appendice du t. vi la liste des condamnés de l'Ain.)
(1) Compte rendu de Gouly, 3« éd., p. 88 et i