‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 3)Chapitre 130 sur 291 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Ce feu roulant de blasphèmes et de grossièretés, qui se continue pendant cinq pages (i), est suivi de trois couplets écrits sur Tair de la Marseillaise^ et non moins abrutissants que la prose, quoique moins hideux'de langage.

Français, la guillotine est prête, Anéantissons les méchans, Et pour bien commencer la fête, Guillotinons tous les tyrans.

A ton tour, Monsieur d'Angleterre.

A toi François, à toi Guillot, A toi Marmotte, à toi Chariot, Et finissons par le Saint-Père.

Aux armes ! etc.

Oublierons-nous la ville infâme Qui livra son port aux Anglais ?

Condamnons, livrons à la flamme Cette horrible catin des rois.

Au diable rois, p et prêtres !

A bas, à bas tous les brigands, Amour aux bons, haine aux méchans.

Et l'échafaud pour tous les traîtres !

Aux armes! etc.

Muscadins, au temps où nous sommes, Le réveil du pauvre a sonné ; Soyons sensibles, soyons hommes, Sans quoi l'on est guillotiné.

(i) Les lecteurs de Nana nous trouveront bien scrupuleux d'avoir chargé de points la citation précédente. M. Zola écrit en toutes lettres les nots dont nous ne donnons que l'initiale et d'autres encore pius crus.

Riche, le pauvre est respectable ; C'est un bon frère abandonne' ; Quand ce frère n'a pas dîné, Comment peux-tu te mettre à table ?

Aux armes ! etc.

La reprise de Toulon fut célébrée à Belley^ Gouly, dans sa lettre du 7 nivôse à la Convention, signala en ces termes l'enthousiasme dont il fut témoin :

Il y eut une réjouissance des plus complètes à la nouvelle de la prise de Toulon ; toutes les boutiques ont été fermées ; la garde nationale sous les armes, le peuple en masse faisoit retentir les airs de cris d'allégresse ; depuis huit heures du matin jusqu'à huit heures du soir, des hymmes patriotiques ont été chantés à chaque coin de rues, et dans les cabarets jusqu'au lendemain. Jugez, citoyens collègues, de quel plaisir j'ai joui en recueillant l'hommage qui vous étoit adressé : qu'ils sont coupables ces ambitieux, ces intrigans qui égarent un si bon peuple ! Il a juré mille fois, avec cette énergie et cet enthousiasme que le génie de la liberté peut seul inspirer, de mourir plutôt que de souffrir qu'il soit désobéi à la volonté de la représentation nationale ! Chercher à vous peindre tout ce qui s'est passé dans un si beau jour, seroit vouloir affoiblir l'idée que vous devez vous en faire. Cette fête a été suivie de la plantation de deux arbres de la liberté, à laquelle ont assisté toutes les autorités constituées, et le peuple en masse. Les mêmes témoignages d'affection et d'amitié pour les représentans du peuple se sont manifestés. Quelques muscadines et muscadins, que cette cérémonie offusquoit, se sont tapis dans leurs tanières en enra-

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