CHAPITRE IV
Ce qu'il y avait de bon dans ces articles et dans ceux que nous omettons était un peu pour la parade. Les vrais Sans-Culottes ne brillaient ni par les mœurs, ni par l'humanité, ni par l'amour sincère du peuple, et Gouly lui-même, nous l'avons vu et nous le verrons encore, ne se gênait guère pour enfreindre son cinquantième article.
Le district de Belley s'empressa de faire imprimer ces Principes républicains k 2,000 exemplaires, savoir : i ,5oo en placard et 5oo en format in-S'*, Son arrêté porte, comme l'œuvre de Gouly, la date du i ^"^ nivôse. 11 est signé par les citoyens Dor^ Dumarest ^ Perre^^ Garnier , administrateurs Dumolin, agent national, et Durand^ secrétaire.
Les autres districts imitèrent sans doute celui de Belley. Nous avons sous les yeux rin-8° de Tré- ^oux, qui fut imprimé à Villefranche , à 1,000 exemplaires : 200 placards et 800 in-8°. Toutefois ce district ne se pressa pas beaucoup ; son arrêté porte la date du 25 nivôse*, mais comment soupçonner le zèle d'administrateurs qui ajoutent au quantième le millésime an II de la République française^ ime, indivisible^ démocratique et itnpérissable ? Au pied de cette belle date, on lit : Nugoi, Tabariés^ Gouvion^ Michallet, administrateurs; Girié, agent national, et Perrin, secrétaire.
Outre ses Principes î^épublicains^ Gouly signa, le i'^'" nivôse, plusieurs arrêtés dont trois nous arrêteront un instant :
Le premier porte que toutes les municipalités rurales seront renouvelées; qu'il n'y sera nommé « ni prêtres, ni ex-nobles, ni hommes de loi, ni avoués -, » que les comités de surveillance seront pareillement renouvelés ; que les citoyens Rivoil et Guillet sont revêtus de tout pouvoir à cet effet ; qu'ils veilleront à l'exécution des lois et des réquisitions ; « qu'ils feront faire partout des visites domiciliaires et feront mettre en arrestation tous ceux qui auront désobéi ou leur paroîtront suspects (i). »
Le deuxième prescrit au brigadier de la commune de Ruffieu de se transporter au Grand- Abergement, pour y saisir « le citoyen André Collet^ prêtre dudit lieu en exercice, et le transférer de suite à la maison de détention de Bourgrégénéré (2). »
Le troisième est dirigé contre le futur auteur de
(i) Compte rendu de Gouly, 3' éd., p. 91.
(2) Idem, p. 92.
La commune 'du Grand-Abergement n'était sans doute pas disposée à laisser prendre son curé, car Gouly écrivit, le 3 nivôse, au comité de surveillance et aux officiers municipaux ce petit billet menaçant :
« Salut et fraternité.
« Le fanatisme et l'intrigue troublent votre canton, vous m'en répondrez personnellement ; et si l'ordre n'y est rétabli à mon passage, je ferai traiteret punir comme contre-révolutionnaires les superstitieux, perturbateurs du repos public. » {Compte rendu, 3* éd.. p. 98.)