CHAPITRE IV
la Physiologie du Goût \ nous allons le reproduire textuellement :
Au NOM DU PEUPLE FRANÇAIS.
Le I"- nivôse, l'an 2 de la République française, une. indivisible et démocratique.
Le Représentant du peuple près le département de l'Ain.
Attendu que le maire de Belley a abandonné ses fonctions depuis près d'un mois et qu'il est fugitif; qu'il existe sur son compte plusieurs dénonciations graves, telles que d'avoir tramé contre la représentation nationale pour faire armer contre elle, et d'avoir été à la tête d'une société populaire qui a souffert qu'il fût prononcé à sa tribune un discours liberticide et injurieux à Marat, l'ami du peuple, société qui en outre a pris des arrêtés et écrit des lettres insidieuses et fédéralistes, arrête :
Art. le. — Le maire de la commune de Belley, nommé Brillât-Savarin, est destitué ; il sera arrêté et traduit en maison de détention de Bourg ; les scellés seront apposés'sur ses papiers, et tous ses biens mis en séquestre.
Art. II. — Jean-Antoine Michel, cultivateur de la cite commune est chargé de faire mettre à exécution le présent arrêté, à l'effet de quoi il est autorisé à requérir main-forte à tous officiers publics nécessaires.
Fait en commission à Belley, les dits jour et an (i).
Gouly ne s'en tint pas là. Quatre jours après, ayant découvert que Torateur qui avait injurié Marat était Tex-vicaire épiscopal Savarin, il fulmina un nouvel arrêté dans lequel fut englobé
(0 Compte rendu de Gouly. 3* éd., p. 94.
celui-ci, et ne tendant à rien moins qu'à livrer les deux coupables au tribunal révolutionnaire de Paris, c'est-à-dire à la mort. Voici ce document, inconnu, comme le précédent, aux biographes du célèbre Bugiste :
Au NOM DU PEUPLE FRANÇAIS.
Le 4 nivôse, l'an 2 de la République française, une, indivisible et démocratique.
Le Représentant du peuple près le de'partement de l'Ain.
Devant faire punir les auteurs des troubles qui ont tourmenté la commune de Belley-Régénéré, ainsi que ceux qui ont conspiré contre la représentation nationale, l'unité et l'indivisibilité de la République : assuré par la compulsation des registres de la société populaire supprimée, par celle des procès-verbaux du comité de surveillance et par la voie publique, que Tex-constituant Brillât- Savarin^ maire de cette commune, fugitif depuis près d'un mois, est celui qui a égaré la majeure partie des citoyens ; qui a proposé le fédéralisme ; qui a même osé proposer, dans cette société, un mode de jury national pour juger la Convention ; enfin qu'il s'est adjoint l'ex-vicaire épiscopal, le citoyen Savarin, qui, dans cette société, a eu l'impudeur de prononcer un discours des plus liberticides et des plus injurieux à la mémoire de Marat, l'ami du peuple, arrête :
Art. !<"•. — Les citoyens Brillât-Savarin, ex-constituant et maire de la commune de Belley, et Savarin, exvicaire épiscopal, seront saisis, arrêtes, transférés à Paris et traduits au tribunal révolutionnaire pour y être jugés.
Art il — L'agent national près le district de Belley