‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 3)Chapitre 14 sur 291 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

destinés à simuler l'impartialité ; on les proclamait en masse à certains jours et en grande cérémonie. Ceux qui échappaient ainsi aux horribles fusillades étaient mis en liberté au son de la musique et au bruit du canon. Pour donner une idée de la manière dont les magistrats opéraient, il suffit d'énoncer qu'ils condamnèrent à mort 60 prévenus le premier jour et 208 le second. En réalité, ils ne jugeaient pas, ils disposaient de la vie des citoyens d'après les notes que leur fournissait la CommissîOfi tetfiporaire de surveillance républicaine.

Nous dirons plus tard combien de nos compatriotes passèrent par les mains de ces assassins juridiques et, dans un des prochains chapitres,nous parlerons des massacres collectifs dont l'atrocité indigna tellement la population lyonnaise que pour l'apaiser on eut recours à la comédie des acquittements.

La Comjjîission temporaire que nous venons de nommer, instituée par Collot-d'Herbois, Fouché et Laporte, était spécialement chargée de la recherche des suspects, de la taxe révolutionnaire et de r extirpation du fanatisme. Elle fonctionna du 20 brumaire au 10 germinal an II, soit du 10 novembre 1793 au 3o mars 1794. Le Duhamel qui en fit partie et la présida au début n'est pas notre compatriote. L'instruction qu'elle adressa aux

autorités le 26 brumaire les invitait impérativement à faire la guerre aux modérés, aux riches et aux prêtres. « Le temps des demi-mesures et des tergiversations est passé, disait-elle en finissant, aidez-nous à frapper les grands coups, ou vous serez les premiers à les supporter. La liberté ou la mort. Réfléchissez et choisissez (i). m

(i) Hist. des Tribunaux révol. de Lyon et de Feurs, par M. Salomon de la Chapelle, p. i3.

Page 1