‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 3)Chapitre 13 sur 291 · CHAPITRE PREMIER. I · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER. I

tion par un souvenir cruel et déchirant. Il méritait la proscription, et on lui a substitué celui de Ville-Affranchie. Mais le changement de nom n'opère pas la régénération. Cette ville ne méritera encore le titre de Ville-Affranchie que lorsqu'elle sera délivrée des ennemis de la liberté, des ennemis du monde entier; car la liberté tient à l'intérêt de tous les peuples... Ne vous apitoyez pas sur le sort des traîtres. Dès ce moment, pénétrez-vous des grands principes républicains. La liberté individuelle est subordonnée à la liberté publique... Patriotes de ViUe-Affranchie, patriotes de tous les départements, sachez que le repos de la société, le succès de la révolution, le triomphe de la liberté, l'affermissement de la République résident dans les quatre préceptes : Surveille^^ dénonce:^, arrête^^ punisse:^. Aimezvous ardemment la liberté ? Voulez-vous décidément être libres ? Dénonce^, dénonce^ et dénonce:^ Jusqu'à ce qu'il n'existe pas un traître (i).

Après cette ignoble harangue, il écrivit aux sans-culottes de Bourg : « Envoyei-moi donc vos détenus ; vous oublie^ donc que la guillotine les attend (2). » Les sans-culottes bressans ne demandaient pas mieux; mais le moment n'était pas venu. Parmi les malheureux que Merle fit condamner à mort, il ne se trouva qu'un habitant de l'Ain : le citoyen Bruyset-Ponthus, 3o ans, homme de loi à Montluel.

El jCe deuxième tribunal ne siégea réellement que

i) Hist. des Tribunaux révolutionnaires de Lyon et de Feurs, par

Salomon de la Chapelle (1879). p. 72.

(2) Manuscrit de M. de la Teyssonnière, Mémoires de l'abbé Guillon. II. p. 271.

du 3i octobre au 29 novembre. En moins d'un mois> il prononça 1 13 condamnations à mort. La guillotine était en permanence sur la place des Terreaux.

Le troisième tribunal ou Commission révolutionnaire fut créé le 7 frimaire (27 novembre) par les représentants Fouché, Collot-d'Herbois, de Laporte et Albitte, pour expédier promptement les détenus qui encombraient les prisons. Les magistrats qui le composaient portaient un uniforme bleu avec épaulettes, sabre au côté, panache rouge au chapeau et ruban tricolore au cou, auquel ruban était suspendue une petite hache en acier brillant. Ils tenaient leurs séances à l'Hôtel-de- Ville, dans la salle du consulat. Le président nommé Mathieu Parein, était un parisien que les Jacobins avaient fait général de l'armée révolutionnaire en Vendée, puis à Lyon. Les juges étaient André Gorchand, autre parisien, Antoine Lafaye, Pierre-Aimé Brunière et Joseph Fernex, ouvrier en soie. Les deux parisiens et Fernex condamnaient toujours à mort; les deux autres étaient plus humains.

Ils siégèrent du 4 décembre 1798 au i3 avril 1 794 ; et, dans ces quatre mois, ils prononcèrent 1684 condamnations à mort, 162 à la détention et 1682 acquittements. Ces acquittements étaient

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