‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 3)Chapitre 145 sur 291 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

A la Convention nationale. De Belley-régénéré.

Le 7 nivôse, an 2* de la République française, une, indivisible et démocratique.

Citoyens Collègues,

Cette commune si agitée, dont la plupart des citoyens s'étoient laissés égarer par les intrigans, est enfin tranquille ; toutes les autorités constituées vont être renouvelées ; l'installation s'en est faite aux cris mille fois répétés de Vive la République ! Vive la Convention nationale t Vive la Montagne !

La société populaire a fait sous mes yeux un scrutin épuratoire, où les messieurs et ceux qui vouloient 1 p£roître, ont été travaillés comme il faut. Les perturbateurs, les faux patriotes sont incarcérés, et les vrais Sans- Culottes s'en félicitent, et se réjouissent d'avoir les yeux dessillés ; ils sont honteux de s'être laissés tromper aussi longtemps. Enfin, le fanatisme et la superstition abandonnent le champ de bataille à la raison, et tous les prêcheurs promettent sur mon invitation pure et simple de prendre femme sous un mois ou d'adopter un enfant d'une famille indigente; en conséquence je leur donne la clef des champs.

Ci-joints tous les procès-verbaux et les bordereaux de me. chasse, dont doit vous avoir instruit le Comité de salut public, à un gibier près, qui est tom.bé dans nos filets hier au soir ; ce sont 38 marcs et demi d'argenterie, cachés par le Traître Ferras-Courtine dans un souterrain, à une lieue de Belley. Ce scélérat, dit-on, a été tué pendant le siège de Ville-Aff'ranchie, portant les armes contre la République....

Je pars demain pour le district de Gex, où j'espère que

25o QUATORZIÈME ÉPOQUE.

ça ira aussi bien que cela va dans celui de Belleyrégénéré.

Salut et fraternité (i).

Arrêtons-nous encore un instant à des notes de M. de Lateyssonnière ; nous verrons que les prêcheurs républicains n'avaient pas toujours autant de succès que Gouly.

7 nivôse an IL — Convocation faite au son de la cloche, adressée aux habitants de Ceyzériat pour y entendre prêcher au temple R.-M.

10 nivôse. — Ordre donné par R.-M. d'arrêter le curé de Ceyzériat et deux vignerons (Métra et Pochon). Le commandant de la garde nationale de Bourg avec douze hommes et deux gendarmes firent ces arrestations à huit heures du soir. Les gardes du curé furent payés par lui à raison de 84 sols par jour.

1 1 nivôse. — Lettre de R.-M. où il dit : « Je demande et j'exige des officiers municipaux de la commune de Ceyzériat de m'envoyer sur le champ les noms de ceux qui ont soufflette le maire et un officier municipal. » Il y accuse Bernard., curé, de s'être caché pendant cet attroupement (Na. Il venait d'être arrêté), d'avoir correspondu avec le liberticide Barquet et d'avoir célébré la messe dite de minuit.

La colère de R.-M. venoit de ce qu'on revenant le 8 de Ceyzériat, deux femmes lui avoient jeté des pierres ; il paroît que sa prédication dans le temple, faite la veille, leur avoit déplu.

(i) Compte rendu de Gouly, 3« éd., p. 24.

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