CHAPITRE V
Une autre note de M. de Lateyssonnière nous apprend qu^à Simandre, l'agent national de la commune arrêta quelques moments le prêcheur R.-M., réunit une partie des habitants, fit garder rassemblée par quatre hommes armés de piques, et que cette assemblée réclama son curé. Le maire et quelques partisans de R.-M. dénoncèrent Tagent national, « Le dénonciateur dit qu'on le traitoit de brigand lorsqu'on le voyoit passer dans les rues et qu'on l'accusoit, lui et les siens, d'avoir mis le pistolet sous la gorge du curé pour le forcer à donner sa démission. La société populaire de Simandre s'empara de l'église pour y tenir ses séances, et détruisit les statues des saints. »
M. de Lateyssonnière ajoute qu'à Grand-Corent, commune voisine, le curé Perret monta courageusement en chaire et engagea ses paroissiens « à être fidèles à la religion jusqu'à la prison et à la mort, en leur annonçant une récompense dans l'autre vie. »
Le représentant Gouly ne partit pas le 8 nivôse pour Gex, comme l'annonçait sa lettre du 7. 11 ne se nit en route que le 9 et il signa jusque-là divers arrêtés dont nous indiquerons les principaux.
Par ceux du 7 nivôse, il fit :
Mettre en liberté: 1° la citoyenne Charlotte Duparc^ âgée de dix-sept ans, « en considération
du grand âge de son ayeule, octogénaire, qui a besoin de Tun de ses enfans pour la servir ; » — 2° la citoyenne Carré Chatelard^ sexagénaire*, — 3° les officiers municipaux de Rossillon, incarcérés par arrêté du 28 frimaire « pour avoir souffert dans leur sein un citoyen (Marin Deville) soupçonné d'être resté à Commune-Affranchie pendant le siège \ »
Traduire ledit Marin Deville devant la commission temporaire de Commune-Affranchie (i);
Incarcérer les citoyens Béatrix^ ex -accusateur public (2}, Joseph Tendreté et J.-B. Cullet, ex-maître particulier des eaux-et-forêts, qui, tous trois, « non seulement n'ont rien fait pour la Révolution, mais au contraire détestent la constitution et la Convention nationale ; »
Mettre aux arrêts à domicile, sous la surveillance d'un garde et pour six mois le citoyen Mojînier^ parce qu'étant l'ami de Brillât-Savarin, il ne pouvait être Tami de la Révolution ;
Mettre également aux arrêts chez elles avec une sentinelle à leurs frais, quatre demoiselles de Se3^ssel, savoir : Claiide-Marie-Anthelme Seyssel, âgée de 58 ans, Jeanne-Marie Seyssel, âgée de 57 ans;
(i) Il fut acquitté le lo pluviôse.
(2) Sur la réclamation unanime de la commune de Cuzieu dont il était maire, il fut élargi et réintégré dans ses fonctions de maire par un arrêté du 9, lequel arrêté se trouve à la page i3t de la 3« édition du Compte rendu et ne se trouve pas dans la première.