‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 3)Chapitre 153 sur 291 · CHAPITRE VI. 2Ô · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. 2Ô

la fermeture de la « ci-devant église, » et une indemnité pour avoir été privée du bénéfice que lui procuraient « le ci-devant Avent, et les ci-devant fêtes de Noël et autres supprimées. » Le Conseil accorda la résiliation, mais, pour toute indemnité, il dispensa la veuve Goujon de rendre les chaises en bon état, comme l'exigeait le bail ; et il fit ressortir cette concession en alléguant qu'il y avait beaucoup de chaises cassées. Il oubliait seulement qu'elles avaient été brisées par des assemblées tumultueuses, non prévues par le bail.

A la séance du 17 nivôse, le maire représenta « que le directeur de la Comédie Tavoit invité de l^ire part au Conseil général des offres qu'il lui fait de diviser ses musiciens et ses acteurs dans les trois sections de cette commune pour, à l'ouverture des assemblées qui doivent s'y tenir chaque quintidi et décadi, y jouer et chanter les hymnes patriotiques. « Le Conseil général, ouï l'agent national, décida qu'il acceptait avec reconnaissance les offres du citoyen Jouffroy, directeur de la Comédie ; en conséquence celui-ci fut invité, par extrait de la délibération, à « diviser ses acteurs et musiciens, le décadi prochain, dans les trois sect ons de la commune pour y jouer et chanter les hymnes patriotiques de la République, à l'ouvert ire et à la fin des assemblées qui s'y tiendront. »

Retournons au pays de Gex où nous avons laissé Gouly, le 12 nivôse, rendant compte au Comité de salut public de ce qu'il avait fait à Gollonges.

Le lendemain de son arrivée à Gex, c'est-à-dire le i3, il dut voir les autorités du pays, et néanmoins, telle était son activité qu'il n'écrivit pas moins de cinq lettres et de six arrêtés, dont quelques-uns d'une certaine étendue.

Une de ces lettres mérite attention, c'est celle dans laquelle il se plaint de Genève et du pays de Gex.

Au Comité de salut public.

Gex, i3 nivôse, an 2' de la Rcpnblique française, une, indivisible et démocratique.

Citoyens Collègues, Votre étonnement sera égal au mien, quand vous saurez que les marche's de Genève sont aussi bien, pour ne pas dire mieux, fournis qu'avant la Re'volution, et surtout •qu'ils le sont par des Français, tant du district de Gex que du Mont-Blanc, tandis que Seyssel et ses environs ne savent où prendre du pain pour vivre une journée ; tandis que les troupes de la République en garnison dans cette contrée manquent de l'extrême nécessaire; — quand vous saurez qu'on traite ici en espèces et en assignats, que ces derniers perdent dans ces traités jusqu'à 40 pour cent; — quand vous saurez enfin qu'on y méconnoît absolument les lois, surtout celle du maximum, et qu'il n'y a eu jusqu'à ce jour pas un individu de dénoncé. Jugez par là des autorités constituées et de la société populaire. Je vais

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