‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 3)Chapitre 152 sur 291 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

A la séance du 12, le Conseil général de la commune chargea les citoyens Degrusse et Loupenas « de faire disparoître dans les vingt quatre heures les autels, croix et autres objets de fanatisme, )) qui existaient encore dans la maison de charité.

A la même séance, Albant se fit déléguer avec Degrusse pour surveiller la poste aux lettres.

Le même jour encore, le Conseil général, considérant que les boucheries étaient à la veille de manquer de bœufs, veaux et moutons, et qu'alors le porc deviendrait une viande de première nécessité, décida qu'il serait fait une proclamation par laquelle les charcutiers et bouchers seraient tenus de déclarer dans les vingt-quatre heures « la quantité de viande de porc salé ou non salé » qu'ils avaient dans leur domicile ; que ceux qui seraient reconnus avoir fait de fausses déclarations seraient regardés comme accapareurs et traités comme tels ; et que les citoj^ns Beaux et Brevet^ notables, seraient nommés commissaires pour recevoir les déclarations et faire des visites domiciliaires.

A la séance du i5 nivôse, notre compatriote Monnier, chef de bataillon du génie, chargé d'une seconde mission en Turquie, présenta lui-même eon passeport, signé par le ministre des affaires étrangères. Comme il avait été incarcéré le

I o août précédent pour cause de modérantisme ( i ) les Sans-Culottes burgiens lui auraient fait un mauvais parti, s'il n'avait exhibé la preuve officielle de sa nouvelle mission ; car ils la firent transcrire sur le registre, comme il suit, sans aucun compliment, sans aucune réflexion.

République française.

Au NOM DE LA NaTION.

A tous officiers civils et militaires, charge's de maintenir l'ordre public dans les différents de'partements de la France, et de faire respecter le nom françois chez l'étranger, laissez passer librement le citoyen Joseph-Gabriel Monnier, chef de bataillon du corps de génie, natif de Bourg, département de l'Ain, âgé de 48 ans, taille de cinq pieds cinq pouces, cheveux et sourcils bruns, yeux noirs, allant à Constantinople par ordre du gouvernement.

Sans donner ni souffrir qu'il soit donné aucun empêchement, le présent passeport valable seulement pour

Donné à Paris le 29 frimaire, an deux de la République françoise.

Le ministre des affaires étrangères, Deforgue ; Pour le ministre, Miout.

A la séance du 16 nivôse, on examina la requête de la citoyenne veuve Goujon, fermière pour trois années, à partir du 22 novembre 1791, du produit des chaises de l'église paroissiale moyennant 825 livres. La dite veuve demandait la résiliation de son bail, dont elle ne pouvait jouir par suite de

(i) Voir la Galerie militaire de l'Ain, par M. Dufay, p. 359.

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