‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 3)Chapitre 155 sur 291 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

l'Ain, blessé au service de la République dans l'armée des Alpes, en indemnité des différens voyages qu'on l'a forcé de faire inutilement de chez lui à Bourg....

50. — Arrêté contre les nobles^ les prêtres^ etc. — Nous, le Représentant du peuple près le département de l'Ain, commettons les citoyens Macey, Roux, Michel, Grandperret et Nicod (i), pour saisir, arrêter et faire conduire dans la maison de détention de Gex les prêtres, exprêtre* non mariés, les nobles, les ci-devant conseillers, les receveurs des deniers nationaux, les agens des ci-devant seigneurs et autres juges de l'ancien régime, ainsi que les plus riches négocians, jusqu'à soixante ans exclusivement et sans autre exception. A cet effet, ils requéreront qua- . rante hommes de la compagnie de la garde nationale du bataillon de Louhans, en garnison dans cette commune, auxquels il est ordonné d'obéir dans tout ce qui leur sera commandé par les commissaires sus-dénommés. Ces comnr-issaires feront faire en leur présence la visite domiciliaire la plus stricte chez ces individus, pour découvrir les métaux et grains nourriciers, ainsi que les armes qui pourroient être cachées, pour découvrir l'argent en espèces que ces hommes recèlent; ils feront état de tous ces objets.... Les scellés seront mis sur les papiers des gens arrêtés ; ■pour être vérifiés et en extraire ceux qui traiteroient d'affaires politiques ou d'autres objets contraires aux décrets de la Convention nationale... Nos commissaires nous repondront sur leurs têtes de l'exactitude et de la précision a\ec lesquelles doit se remplir une pareille mission, tende nte à découvrir les complots liberticides que l'on nous a dénoncés exister dans ce district.

(i) Ce Nicod avait pris le nom de Marat, comme l'agent national du district de Bourg : il est ainsi désigné dans un autre arrêté de Gculv.

6". — Arrêté supprimant les moulins, boulangeries et boucheries de l'extrême frontière, par le motif que les Genevois s'y approvisionnaient par contrebande (i).

Ces derniers arrêtés durent donner au pays de Gex une singulière idée du pacificateur conventionnel, et ses mesures despotiques des jours suivants ne jurèrent pas moins avec la qualification à' ange tutélaire qu'on lui avait donnée à Bourg.

Les Sans-Culottes de Belley, après le départ de Gouly, essayèrent de soulever les campagnes et de faire enlever de la maison de détention quatre frères et amis renfermés « par suite de leurs prévarications et de leur mauvaise conduite. » Carrier, l'officier de santé de Lhuys, était un des meneurs ; et l'influence de Torombert et Bonnet, quoique détenus, était encore à craindre. Gouly, informé à Gex de ces manœuvres, décida, le 14 nivôse, que Carrier serait saisi et conduit à Pierre-Châtel pour y être gardé à vue jusqu'à nouvel ordre, et que Torombert et Bonnet seraient transférés à Grenoble pour y être détenus jusqu'à la paix.

Le proconsul prolongea son séjour à Gex jusqu'au 16 nivôse, et pendant ce temps, il signa une quinzaine d'arrêtés. L'un de ceux qu'il data du 14 froissa au dernier point le sentiment public, et

(0 Compte-rendu de Gouly, 3= édit., p. 142 à 149.

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