‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 3)Chapitre 156 sur 291 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

certainement il aurait été lapidé si la population n'avait été maintenue par une force armée toute dévouée à la Convention.

Mécontent de la tiédeur républicaine qu'il trouvait au pied du Jura, et sous prétexte qu'il convenait de réduire le nombre des districts et que celui de Gex pouvait être réuni à celui de Nantua, Gouly entreprit de faire descendre au rang de chef-lieu de canton la ville de Gex, qui avait toujours été chef-lieu de bailliage ou de district. En conséquence, bouleversant tout le pays d'un coup de plume, il supprima l'administration et le tribunal du district, c'est-à-dire ce qui constituait le district, et il osa faire afficher dans toutes les communes cette humiliante réforme avec l'injurieux considérant que voici :

Considérant qu'attendu l'incivisme et insatiable cupidité de la majeure partie des citoyens de la commune de Gex et de plusieurs autres communes circonvoisines de l'extrême frontière, il est très difficile d'y trouver la quantité de sujets nécessaires pour remplir les autres fonctions publiques ; pour quoi il est indispensable de diminuer le nombre des autorités constituées, et de les punir de leur égcïsme et de leur irrespect pour les lois blessant leurs intérêts, en supprimant promptement l'administration et le tribunal de district....

Malgré la pénurie de sujets, le même jour, Gouly reconstitua la société populaire, pour

laquelle il découvrit une soixantaine de patriotes dans la classe ouvrière ou marchande. Nous remarquons sur la liste trois lapidaires et cinq horlogers.

Un de ces horlogers, Christophe Bouquet^ fut nommé maire. L'ancien militaire Nicod-Marat devint agent national de la commune. Et le cultivateur Jean-Philippe Nicod fut installé à la justice de paix.

Citons encore, parmi les nouvelles autorités^ trois membres du comité de surveillance, l'aubergiste Bruius Ducimetière^ le maître d'école Jean Castillou^ le perruquier Michel Grandperret^ et deux officiers municipaux, le cultivateur Louis Borsat et l'horloger Jean-Marie Mermillod[\).

Après avoir injurié tout le pays de Gex, Gouly comprit sans doute qu'il ne pouvait continuer ses excursions que sous la protection d'une troupe dévouée. Devant aller coucher à Ferney le 16 nivôse, il ordonna le 1 5 au bataillon de Louhans, qui tenait garnison à Gex, de se rendre le 16 à Ferney. Il avait une très grande confiance dans ce bataillon et, le 16, il écrivit au Comité de salut public :

Je vous observe^ Citoyens collègues, que le bataillon de

(0 Compte-rendu de Gouly, 3» 6d.. p. i52 à i58.

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