‹ Histoire de la révolution dans l'Ain (volume 3)Chapitre 157 sur 291 · CHAPITRE Vî · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vî

Louhans, de première réquisition, en garnison dans cette contrée, doit y rester. Il est commandé par un sansculotte très instruit (Scipion Lhuillier). Il n'y existe point de mauvais sujets ; ils sont tous bien habillés ; six cents d'entre eux sont armés ; le service se fait gaiement et bien. Ce seroit donc une sottise et une perte pour la République de les encadrer ainsi que la loi l'ordonne ; il seroit bien mieux d'encadrer environ 800 hommes de la même réquisition, qui sont ehcore dans leurs foyers, et de laisser ce bataillon, en l'état où il est^ continuer à surveiller la frontière (i).

La surveillance de la frontière, tel était le prétexte du changement de garnison :

Nous, le Représentant du peuple, etc., voulant retirer de l'intérieur des troupes qui n'y sont pas nécessaires, pour les porter sur les frontières, changer des postes reconnus inutiles, faire une nouvelle distribution qui empêche les comestibles et autres denrées d'être transportés à l'étranger, arrêtons ce qui suit :

Art. I". — La compagnie de première réquisition du bataillon du district de Louhans, actuellement à Gex, se endra demain 16 nivôse à Ferney. La demi-compagnie }ui est à Meyrin s'y rendra également, ainsi que le déta- :hement placé à Mijoux, qui demeure relevé.

Art. II. — La municipalité de Ferney sera prévenue lans le jour, afin qu'elle puisse préparer les logemens ; :11e aura l'attention de loger une compagnie dans la maion appartenant au citoyen Budé ; le restant sera logé dans a commune.

(0 Compte-rendu de Gouly, 3' édit., p. 35.

Art. III et IV. — (Relatifs à des transports de fournitures et au service de la garde nationale de Gex.)

Art. V. — Nous nous re'servons le droit de statuer sur l'emploi ultérieur des troupes, lors de notre arrivée à Ferney (i).

La maison de M. de Budé, désignée pour le logement d'une compagnie, est le château que Voltaire a rendu célèbre (2),

Avant de quitter Gex, Gouly frappa les riches d'une taxe révolutionnaire. Dans son arrêté du 16, il prétend que l'inexécution des lois, par la négligence des autorités, a porté préjudice aux intérêts de la Répubhque « en tournant au profit des égoïstes, » et qu'il est juste par conséquent « que ceux qui se sont enrichis par des moyens illicites fassent une espèce de restitution, en fournissant aux premiers besoins de leurs compatriotes. » Le premier article exige que les sommes portées sur l'état ciaprès soient payées dans le délai de huit jours sous peine d'incarcération -, et le deuxième dispose que ceux qui n'auront pas payé seront traduits à la maison d'arrêt du district de Nantua et que leurs biens seront séquestrés.

(i) Compte-rendu de Gouly, 3« édit., p. iSg.

(2) Voir dans nos Curiosités hist. de l'Ain, t. m, p. 26, comment ce château fut possédé, avant et après Voltaire, par la famille de Budé.

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